Date: Wed, 26 Mar 2014 18:54:58 +0000 (GMT)
From: Adelard Dore <adelardore@yahoo.fr>
Subject: Retour à  la  «Beat » Generation 1

Retour à la «Beat» generation 1

Note: Nifty nous offre l'occasion de vivre de belles émotions grâce à
toutes les histoires qui y sont racontées.  Une contribution serait donc
appréciée pour permettre à Nifty de poursuivre cette merveilleuse
aventure. Envoyer un don à : http://donate.nifty.org/donate.html

Préambule

Presqu'aussi loin que ma mémoire me permette de remonter à la
recherche des fantasmes de mon adolescence, les sens de la vue et de
l'odorat ont été les plus susceptibles de nourrir mon imaginaire et
de provoquer une forte excitation sexuelle.

À Baie des Pins où je passais mes étés au chalet de mes
parents, il y avait des compétitions de badminton organisées en
collaboration avec les résidents permanents et les villégiateurs.  Je
ne manquais presqu'aucune partie.  Toutefois, ce n'était pas
l'intérêt pour ce sport qui commandait mon assiduité. C'était
plutôt celui que je nourrissais pour les joueurs.  Je les dévorais
des yeux pendant les joutes.  Je contemplais les mouvements de leurs
cuisses et de leurs fesses sous leur short.  J'imaginais les odeurs qui
devaient se ramasser derrière leurs couilles et dans la craque de leur
cul.  Je fixais leurs baskets que je rêvais de délasser et de porter
sous mes narines pour pouvoir les sentir à fond.

Les après-midi à la plage, je regardais aussi les pieds des baigneurs
et j'imaginais que je pouvais les lécher goulument après les avoir
sentis à volonté.  J'étais également envoûté par leur
maillot de bain, surtout s'il s'agissait du type Speedo.  J'imaginais que
j'étais autorisé ou forcé, c'était encore plus excitant, de
sentir leur cul et leurs couilles à-travers le tissu tendu qui laissait
peu d'espace entre ce que je voyais et ce que j'aurais voulu sentir.

Plus rares, mais tout aussi intenses, sont les souvenirs des fantasmes qui
ont peuplé mon enfance.  Ma mémoire me permet même de remonter
bien avant mon adolescence jusqu'à ma tendre enfance, voire jusqu'à
mes quatre ans.

La belle-sœur de ma grand-mère, tante Emma, venait quelquefois nous
rendre visite à la maison et elle amenait parfois son neveu qui devait
bien avoir dans la vingtaine.  Au fait, c'était lui le chauffeur de sa
grand-mère quand elle voulait sortir

Ce beau grand garçon mince et sexé s'installait toujours au piano du
salon et nous donnait une petite demi-heure de concert.  Même si mes
oreilles savouraient les notes et les harmonies, ce sont mes yeux qui se
servaient abondamment aux mouvements esquissés par ses fesses sur le
banc du piano et j'attendais patiemment que le thé fut servi dans la
cuisine pour avoir la chance de retourner au salon et de poser mon nez sur
le banc du piano espérant retrouver, et la plupart du temps avec
succès, un peu des odeurs que son cul et ses couilles avaient dû
laisser sur le bois du banc.

Je ne comprenais pas trop ce que je faisais ni ce qui me poussait à
chercher ces secrètes fragrances.  Je sentais seulement qu'il valait
mieux que cela restât secret.

Plus tard, dans les transports en commun, s'il m'arrivait de repérer un
bel homme, grand et mince_ c'était mon genre_ assis sur une banquette
vers l'arrière où il n'y avait pas d'autres passagers, j'allais
m'assoir assez près de lui et j'attendais qu'il descende.  Si, par
bonheur, il descendait avant qu'on parvienne à l'arrêt où je
devais moi-même descendre, alors, discrètement, évitant d'être
repéré par un coup d'œil du chauffeur dans son rétroviseur,
j'allais mettre mon nez sur le siège préalablement occupé par mon
« passager-fantasme » et je respirais à grands coups, cherchant
comme un fourmilier, les minuscules particules olfactives qui nourriraient
mes branlettes du soir.

Ce sont de tels souvenirs, nourris eux-mêmes par d'autres souvenirs, qui
ont constitué, avec le temps, la structure de mon imaginaire sexuel.
C'est ainsi que, parvenu à l'âge adulte, je me suis retrouvé
enveloppé d'une fascination toute singulière pour les odeurs intimes
et la vue des sexes, des culs et des pieds des garçons et des hommes qui
me plaisaient.

La nouvelle suivante constitue l'un des moments forts de l'univers
«olfacto-visuel» de mon imaginaire sexuel.  Cette aventure, et
quelques autres qui suivront, ont été des moments forts de ma vie
sexuelle.  Leur souvenir est resté bien ancré dans ma mémoire.

Bonne lecture!



Un dîner chez mon prof



Après le baccalauréat ès Arts, je me suis inscrit à
l'Université de Montréal afin d'y obtenir une Licence en Histoire de
l'Art.  Ces années, même si elles furent parmi celles où
j'étais jeune et beau, ne me procurèrent pas beaucoup de
gratifications sur le plan sexuel.  Enfin, pas à la hauteur de mes
désirs.

Faut dire que Montréal, en ce temps-là, n'était pas une ville
très « joyeuse ».  L'homosexualité s'y vivait dans le placard
pour la plupart d'entre nous.  Il a fallu le courage politique d'un Premier
Ministre canadien, par ailleurs fort disputé, pour mettre en force une
loi décriminalisant l'homosexualité, du moins entre adultes
consentants et dans des lieux strictement privés.  La police continuait
cependant à surveiller les lieux publics et à procéder à de
nombreuses arrestations, surtout à l'approche des Jeux olympiques de
1976 quand on tenait à montrer au monde une ville propre, dans tous les
sens du terme.  Aujourd'hui, c'est tout le contraire; un peu plus d'ordre
serait nécessaire, et je ne parle pas d'homosexualité bien sûr.

C'est donc dans une ville assez terne et passablement répressive que
j'ai débuté ma Licence en Histoire de l'Art.  Au début de ma
deuxième année, l'université accueillait un professeur invité,
Docteur de la Sorbonne, jeune, beau et séduisant (il devait avoir
environ 35 ans).  Il avait déjà deux livres à son crédit qui
avaient assuré sa réputation et sa renommée non seulement en
France mais dans tout le monde universitaire.  Au premier semestre, il
donna un séminaire sur un grand peintre français du XVII è
siècle, période de l'histoire dont il était considéré comme
l'un des grands spécialistes, sinon le meilleur.

Comme j'étais bon étudiant, j'ai obtenu la meilleure note de mon
groupe à son séminaire.  Il a même commenté ma dissertation en
classe.  J'avoue que j'étais très fier et touché que ce bel homme,
grand mince aux cheveux marron et bouclés, aux grands yeux bruns avec
une gueule à la Montgomery Cliff, et qui était en plus
supérieurement intelligent et savant, ait parcouru mon texte avec
plaisir et intérêt.

Lorsque je suis allé dans son bureau pour récupérer mon travail,
j'ai été saisi par l'odeur de mâle qui y régnait.  Ce
n'était pas celle des jeunes hommes auxquels j'étais habitué mais
celle d'un homme, encore jeune certes, mais parvenu à sa pleine maturité
et qui sentait un peu le négligé.

Son accueil fut « particulièrement », et j'insiste sur cet
adverbe, chaleureux.  Vitement, il déborda du sujet pour ne
s'intéresser justement qu'au seul « sujet » présent à notre
rencontre, c'est-à-dire MOI.  Il me posa des tas de questions sur mon
passé, ma famille, mes intérêts; il me demanda si j'avais une
petite amie...Toutes ces questions m'autorisèrent, du moins l'ai-je
compris ainsi, à lui en poser également quelques unes
particulièrement sur les raisons qui l'amenaient au Québec, sur sa
perception de la vie montréalaise, sur son intérêt à vivre ici,
à cette époque encore assez sombre, alors qu'il me semblait que la
vie à Paris devait être infiniment plus agréable.  Il répondit
à toutes mes questions simplement, amicalement et avec bienveillance.

 Enfin, quand je lui ai dit qu'il ne devait donc pas avoir femme ni enfant
à Paris pour pouvoir ainsi venir vivre au Canada sans problème, il a
souri et il m'a regardé quelques secondes directement dans les yeux,
cherchant à percer quelque intérêt second à ma question.  Puis,
il y a répondu bien au-delà de ce qui m'aurait apparu comme une
réponse satisfaisante.  Il s'est lancé dans une sorte de dissertation
sur la liberté, sur la nécessité de vivre toutes sortes
d'expériences dans la vie avant de choisir ce qui nous convenait le
mieux.  Il ajouta même qu'il était nécessaire de sortir des
ornières d'une sexualité conventionnelle pour aller au bout de soi,
vivre ses fantasmes en pleine lumière, pousser sur ses désirs jusqu'à
ce qu'eux-mêmes tracent la limite de ce qui nous convient.  Il me parla
alors d'un livre sur Sade, qui venait d'être publié en France par un
de ses collègues, que je ne nommerai pas, et il m'a dit à quel point
ce livre avait ouvert son esprit et son cœur et l'avait rendu disponible
aux surprises que la Vie mettait souvent sur notre route et qu'il fallait
apprendre à reconnaître.  Il m'offrit, je dirais avec insistance, de
me prêter ce livre que je n'osai pas refuser, pendant qu'il précisait
clairement que ce prêt aurait, en autres intérêts, celui de
nécessiter une deuxième rencontre entre nous.

Il me congédia finalement en me prenant chaleureusement la main et en
louant, encore une fois, sur l'heureux hasard qui avait mis sur son chemin
le jeune homme intelligent et ouvert que j'étais.  Il comptait bien que
je profitasse de ce lien nouveau pour élargir mes vues sur le monde et
sur la Vie.  Mais je ne serais pas le seul bénéficiaire de cette
relation, continua-t-il sans attendre la moindre réaction de ma part,
puisque ma présence lui apportait « fraîcheur, étincelles de
vie, énergie renouvelée et seconde jeunesse ».

Je comprenais facilement ce qu'il voulait signifier quand il parlait de
fraîcheur, d'étincelles de vie et d'énergie renouvelée, mais sa
grande beauté (c'était un Apollon et il ne pouvait pas l'ignorer s'il
s'était déjà vu dans une glace), sa jeunesse évidente (autour
de 35 ans, ai-je mentionné plus haut), rendait ridicule l'idée
même d'une seconde jeunesse.

Quand il se leva pour me reconduire à la porte de son bureau, la petite
odeur de mâle un peu négligé que j'avais perçue en entrant et
que j'avais oubliée, ou à laquelle je m'étais habitué au cours
de notre conversation, retrouva soudainement le chemin de mes narines et
s'enfonça sournoisement dans ma tête jusqu'à ma mémoire.
L'odeur du cul du neveu de Tante Emma sur le banc de piano du logement de
mon enfance revint donc hanter les dernières secondes de notre entrevue.

De même Marcel Proust, le Narrateur de la Recherche, avait retrouvé
tout le Combray de son enfance en goûtant des madeleines trempées
dans du thé un après-midi d'hiver, de même l'odeur un peu acide et
musqué de l'entrejambe de mon beau professeur se déplaçant dans
son bureau ramenait à mon esprit tous les fantasmes de mon enfance lors
des visites de Tante Emma et, avec eux, ceux que j'avais goûtés plus
récemment et plus anciennement avec mes autres «amoureux» de Baie
des Pins.  Mais cette odeur ramenait surtout l'incroyable force du désir
(libido) qui allait me pousser, je le « sentais » bien, dans les bras
puissants de mon beau prof.

Si je me savais fortement séduit par mon beau prof Bertrand_ qui ne
l'aurait pas été_ je savais déjà que notre relation ferait
sûrement l'envie de mes camarades, tant filles que garçons.
J'étais résolu toutefois à ne pas revivre les atroces souffrances
qui m'avaient déjà privé de profiter pleinement des beaux moments
que la Vie m'offrait parce que j'avais des attentes inutiles et
irréalistes.  Cette fois-ci, et conséquemment aux puissantes images
que j'avais nourries en lisant le livre recommandé sur le marquis de
Sade, j'étais bien décidé à profiter de cette relation nouvelle
avec mon prof sans qu'elle fût accompagnée ni suivie de souffrance,
du moins de cette souffrance incontrôlable liée à la jalousie ou à
la déchirure provoquée par une rupture non désirée.

Quand je lui ai fait part à la fin d'un cours que ma lecture était
terminée et qu'on pouvait convenir d'un moment pour que je puisse lui
rendre son livre, il s'empressa de suggérer que je vienne dîner chez
lui, un soir qui nous conviendrait, afin qu'on ait tout le loisir
nécessaire pour en discuter sans être bousculé par un horaire.
J'étais à la fois enchanté et terriblement nerveux à l'idée
de me retrouver seul chez ce beau mâle qui exerçait sur moi une
certaine ascendance, pour ne pas dire une autorité certaine.

Son appartement, situé dans le quartier universitaire Rue Jean-Brillant,
était petit, ancien et tout à fait garni comme on imagine le logement
d'un universitaire, même si ce jugement peut s'avérer parfois
injuste.  Des livres traînaient partout.  Un vieux canapé, recouvert
sommairement d'un jeté, constituait le seul repaire qui semblait
confortable.  Une table de travail chargée trônait près de la
fenêtre.  Il avait dressé chaleureusement une table pour deux dans un
coin de la pièce où il avait aménagé un éclairage de
circonstance.  Mais l'éclairage, tout comme la circonstance, paraissait
un peu équivoque. Il ne semblait pas avoir été conçu pour ne
favoriser qu'un échange de points de vue sur un livre.  Sa chambre, que
je découvris plus tard en soirée, ne se composait que d'un grand
matelas, posé directement sur le parquet.  Il était recouvert d'un
simple drap encombré de nombreuses couvertures, toutes plus ou moins
recroquevillées, et qui semblaient avoir rendu l'âme après de
nombreuses batailles livrées contre de fortes jambes et un corps
résolu à les soumettre.

En entrant chez lui, je fus saisi par l'odeur du lieu qui s'apparentait
parfaitement au musc d'entrejambe que j'avais perçu dans son bureau à
l'université.  J'étais donc bien chez lui, dans son monde, là où
sans doute il se masturbait entre deux chapitres d'un nouveau livre et où
il se livrait à des tas de « petits secrets » que j'imaginais
déjà.  Au fond, j'espérais bien ne pas devoir en rester à
l'imaginaire mais de pouvoir être invité à prendre part à
quelques uns ou, à tout le moins, de pouvoir en apprendre l'existence de
sa propre bouche ou par des gestes significatifs.

Sans doute perçut-il que mes narines cherchaient quelque chose car les
siennes bougèrent à la suite des miennes comme s'il se demandait tout
à coup quelle mauvaise odeur pouvait bien se dégager de son
appartement pour susciter, presque dès mon arrivée, un tel
questionnaire olfactif dirigé par mon nez inquisiteur.

Puis, il m'offrit gentiment un apéritif en me répétant combien il
était heureux que j'aie accepté son invitation.  Il recevait très
peu, me dit-il, histoire de me laisser entendre que la rareté de l'offre
devait donner du prix à ma présence chez lui ce soir là.  Mais
j'avais déjà compris et accepté d'avance que le prix à payer ne
se compterait ni en dollars ni en avantages sociaux ou intellectuels.  Mais
je n'avais pas non plus l'intention de partir sans avoir profité de bien
plus que de la table. Je voulais avoir aussi le privilège de son lit,
que je n'avais pas encore vu, et que je retrouvai plus tard, comme je l'ai
déjà dit, dans un état tel qu'on aurait dit un champ de bataille
après le passage du Turc.

Durant le repas, qu'il avait préparé lui-même et qui fut excellent
par ailleurs, nous en sommes vite venus à parler de mon point de vue sur
le livre qu'il m'avait prêté.  Je n'ai pas hésité à lui
dire, qu'après avoir réfléchi, je parvenais à la même
conclusion que lui au sujet de la vie à savoir qu'il fallait attraper
toutes les chances et les opportunités, voire les grâces qu'elle
mettait sur notre chemin.  Il est vraiment absurde, osai-je ajouter, de
refuser les chances de vivre des expériences dont les bénéfices en
terme de liberté d'esprit et de cœur sont encore insoupçonnés à
cause d'un quelconque blocage imposé par un principe.  Ma conclusion
semblait le ravir.  Mais, même si je m'exprimais avec une certaine
élégance, il m'intimidait tellement que mes explications étaient
lentes et parfois trop détaillées.  Je n'oubliais pas qu'il était
un homme reconnu dans le monde universitaire, qu'il était mon prof et
surtout qu'il était super beau.  J'étais impressionné.  Je ne
parvenais donc pas, du moins me semblait-il, à prendre le contrôle de
la conversation ni à la diriger de manière qu'on en vienne au sexe
comme j'avais pourtant si bien appris à le faire dans mon passé à
Baie des Pins.

Enfin, il ouvrit la grande porte.  Il me demanda si je n'avais pas certains
fantasmes que le livre m'avait donné envie de satisfaire ou de
vérifier.  Timidement, mais avec une certaine assurance tout de même,
je lui ai confié que j'avais déjà commencé à les
découvrir et à les vivre.  Quand il me demanda si je voulais bien lui
en parler, je lui ai raconté les histoires de mon enfance dont celle du
neveu de tante Emma et je lui ai dit que j'étais fasciné (du Latin «
fasces » qui veut dire pénis en somme) par la vue d'un homme qui se
masturbe et par les odeurs que dégage son intimité.  Il me sembla
qu'il avalât difficilement sa gorgée de café et ce n'était pas
à cause d'un mal de gorge.  J'avais réussi à l'exciter et il se
retrouvait à la fois surpris et enchanté de mon audace.

On a fait une pause-silence que j'ai rompu en lui demandant s'il me
répondrait aussi franchement que je croyais l'avoir fait si je lui
posais la même question.  Il a ri, ce qui lui a permis de se remettre.
Puis, il a dit que lui aussi se sentait très excité à l'idée de
se masturber avec un autre homme et que les odeurs intimes, dans la mesure
où elles n'étaient pas le signe d'un manque flagrant d'hygiène,
avaient toujours contribué à augmenter son excitation.  Il entra
alors dans une assez longue explication sur les liens entre l'odorat et la
mémoire ancienne et que, effectivement, il croyait qu'on atteignait
l'une par la présence de l'autre.

Les « réminiscences du cœur » telles qu'on les retrouve chez
Proust dans la chambre de Balbek ne furent pas absentes de ses
explications.  J'avais peur qu'une trop longue analyse ne vienne retarder
ou nuire à des activités plus concrètement sexuelles, mais, en bon
intellectuel, mon prof remontait peut-être son niveau d'hormones en
parlant longuement avant d'agir...tout aussi longuement, je le souhaitais
bien.

Finalement, quand il m'invita à prendre place sur le canapé et me
servit un Cognac, j'ai senti qu'il avait l'intention de passer aux choses
sérieuses.  Après quelques menus propos qui n'avaient pour but que de
lui donner une contenance préalable, et après un silence beaucoup
plus long, il s'approcha de moi et, les yeux à demi fermés, il me
glissa presque à l'oreille : « Que dirais-tu si l'on donnait une
forme aux fantasmes qu'on s'est racontés pendant le dîner?  On
pourrait se masturber ensemble, faire comme si on était tout seul et
s'amuser à se regarder faire...Qu'en penses-tu? Ce serait amusant! Non?»

Je lui ai avoué alors que je m'étais déjà masturbé quelques
fois à l'idée qu'on pourrait le faire ensemble.  Il était sans
voix.  J'ai ajouté que j'étais donc preneur de sa proposition.  Je
lui ai montré ma disponibilité en moulant avec mes mains ma queue
déjà bandée à-travers mon jeans.  Il pouvait donc voir que
j'étais déjà dans le jeu depuis un bon moment.  Il a fait la
même chose, avec la main sur son pantalon, tout en me jetant un clin
d'œil.  J'ai lentement défait la boucle de ma ceinture, j'ai
déboutonné ma braguette en prenant bien soin de défaire les
boutons lentement les uns après les autres et finalement j'ai laissé
tomber mon jeans sur mes chevilles en lui disant : « À mon tour, de
voir maintenant! » Il a imité presque tous mes gestes, à la
différence que son pantalon avait une fermeture-éclair qu'il a
descendu très lentement pour faire durer mon attente.  Quand il a laissé
tomber son pantalon sur ses chevilles, j'ai vu apparaître la forme d'une
superbe belle queue, un morceau de grand choix qui allait bien avec son
grand corps et qui se lovait délicieusement dans son slip.  Mais, en
même temps que la vision, la petite odeur d'homme qui se néglige un
petit peu prit de l'ampleur et réveilla tous mes sens.  Je n'ai pas pu
résister et je suis allé coller mon nez sur son slip en prenant de
longues sniffées.  Wow!  Quelle substance!  Un vrai homme avec une vraie
odeur d'homme, enfin celle d'un gars qui n'a pas prit soin de se laver à
fond en prévision d'une baise, d'un homme qui est au naturel quand vient
le moment de jouir et tant pis si c'est juste après le travail ou
après un exercice.  On baise comme on se sent, c'est le cas de le dire.

Il parut ravi et étonné que je respire l'odeur de sa queue sur son
slip.  « Tu aimes mon odeur? » C'était vraiment une question.  «
J'en rêve depuis que je t'ai vu» _ « On est fait pour s'entendre,
me dit-il, tu me sembles aussi cochon que moi ».

Sans m'en rendre compte, je me suis aperçu quelques secondes plus tard
que je venais de le tutoyer.  Lui, il s'était échappé une fois ou
deux mais il était revenu au « vous » très rapidement.
Cependant, à partir de l'instant où nos culottes se retrouvèrent
sur nos chevilles, le « tu » est devenu la règle entre nous.

Je me suis mis à genoux devant lui et je lui ai retiré ses souliers.
Ses larges et longs pieds dans ses souliers noirs me faisaient de l'effet
depuis longtemps.  Quand je l'avais vu entrer en classe pour le premier
cours, j'avais tout de suite remarqué ses pieds et j'avais rêvé de
lui enlever un jour ses chaussures pour pouvoir sentir ses pieds.  Je lui
ai fait part de ce fantasme dès que je fus par terre devant lui.  Il a
souri et il a doucement relevé un pied.  J'ai caressé le soulier tant
désiré.  Je l'ai délassé et retiré encore plus lentement.
Une bonne odeur a jailli du soulier.  Je m'y attendais.  J'étais sûr
qu'il était le genre à sentir un peu des pieds. Ce n'était pas une
odeur insoutenable cependant, mais elle était forte, rance, capiteuse
comme un vieux fromage qu'on mange sans regarder.  Mais ses «augustes»
pieds, je voulais les voir et les sentir.

Cette odeur me plaisait.  Elle m'excitait beaucoup.  J'ai commencé à
sniffer son pied et l'intérieur de ce soulier que j'avais tant voulu
respirer.  Je lui ai dit tout cela.  Il m'écoutait avec étonnement et
fierté.  Il m'a même dit combien il avait l'impression d'être
tombé sur la «perle rare».  C'était le genre de fantasmes qu'il
voulait vivre depuis longtemps et il ne pensait jamais trouver personne
pour le satisfaire.  J'ai retiré l'autre chaussure et j'ai bien sniffé
ses chaussettes que je mordais aussi doucement.  Puis, j'ai retiré ses
chaussettes et son pantalon avant de poursuivre la découverte de ses
beaux pieds, doux comme du satin.  Le milieu de ses orteils était
recouvert de petits poils tendres et soyeux. La chair était très
ferme comme les pieds des beaux mâles musclés des revues pornos.  Ils
sentaient divinement bon la sueur et le vieux cuir humide qui a bu cette
sueur depuis des semaines.  Je les caressais, je les sentais, je les
léchais, je passais ma langue entre ses orteils...je m'abandonnais à
ces désirs que je vivais enfin après tant de branlettes où j'en
avais rêvé.  Je n'arrivais pas à croire en ma bonne fortune.

Bertrand répétait sans cesse les mêmes refrains mais leur
répétition, comme une incantation, ne les privait pas de leur pouvoir
de m'exciter davantage, bien au contraire.  Il me disait des choses comme :
« Oh! Oui! Alex! Lèche mes pieds, sens-les, lèche la plante
jusqu'au talon, prend mes orteils dans ta bouche!  Branle-toi bien pendant
que tu lèches mes pieds! » J'avais déjà retiré mon pantalon
et mon slip et je me branlais tout naturellement.

 Après une bonne vingtaine de minutes de ce jeu, il me redressa devant
lui.  Il empoigna ma queue dans sa grande main aux longs doigts fermes et
soyeux.  Il lui donna quelques bons coups de branle et la porta à sa
bouche.  Il me suça quelques longues minutes.  Puis, tenant toujours ma
queue dans sa main, il me regarda et murmura : « On va aller se
masturber dans la chambre.  On sera mieux installé! »

C'est là que j'ai découvert le combat qu'il avait dû mener avec
les couvertures.  Curieusement, comme il habitait un logis ancien, le
matelas était enfoncé dans une sorte d'alcôve assez profonde de
sorte qu'en appuyant chacun notre dos aux murs intérieurs de
l'alcôve, on était face à face pour se masturber et se donner un
show.

On s'est déshabillé complètement.  Tout nu l'un devant l'autre et
on a trouvé appuis contre les murs intérieurs de l'alcôve tout en
s'allongeant l'un en face de l'autre.  Nos jambes se touchaient à la
hauteur de nos genoux.  C'était un spectacle unique et magnifique,
très semblable à ceux que j'imaginais dans mes rêves,
éveillés ou nocturnes, les plus excitants.  Ce grand gaillard de plus
de six pieds, mince et svelte comme un nageur, le corps plutôt glabre
sauf pour quelques poils sur la poitrine, sur les jambes et les orteils et,
comme j'allais bientôt le découvrir dans sa craque de cul, était à
demi allongé en face de moi, son odeur de cul et de pieds ultra-bandante
inondait l'alcôve et il se crossait devant moi tout en me fixant de son
regard pénétrant et inquisiteur.  WOW!

Il cherchait à saisir mes « petits secrets » comme je cherchais à
découvrir les siens.  Il m'a dit : « Branle-toi comme si tu étais
tout seul dans ta chambre et que tu avais décidé de te donner du
plaisir, après toute une journée à ne penser qu'à ça.  Je
veux voir tes trucs. Montre-moi tout! »

J'ai souri et je lui ai répondu que j'étais bien d'accord pour me
livrer le plus possible, mais qu'on le ferait en alternance.  Je ferais un
petit show puis je m'arrêterais.  J'allais alors, à mon tour, devenir
voyeur et regarder le sien.  Puis, comme ça, en alternance, on
avancerait jusqu'à l'orgasme.  « J'achète » conclut-il.  Mais
je comprenais, par la pause de spectateur qu'il prenait, que j'allais
ouvrir le spectacle.

Fermant les yeux et me concentrant sur l'odeur de son corps, je devrais
dire de nos corps, car l'habitude que nous avons de vivre avec
nous-mêmes nous empêche souvent de prendre conscience de notre propre
odeur, j'ai commencé à me caresser la poitrine, le ventre, les
cuisses, l'entre-jambe et j'ai finalement attrapé ma queue pour la
branler lentement en la pointant parfois dans sa direction. Le liquide pré
a commencé à couler assez abondamment.  J'ai récolté le plus
que je pouvais avec mes doigts et je l'ai répandu sur mes lèvres et
sous mes narines pour bien le sentir pendant ma branlette.

Ouvrant subitement les yeux, j'avais devant moi le regard concupiscent de
Bertrand, mon beau prof, se crossant devant le show que je lui donnais.  Je
lâchais ma queue quelques secondes tantôt pour me pincer la pointe
des seins, tantôt pour jouer avec ma poche avec les deux mains.  Je
passais mes doigts derrière mes couilles, sur la zone qui va du scrotum
à l'anus, et je les reniflais avec délectation.  J'ai relevé les
jambes en pliant les genoux pour lui donner une bonne vue de mon cul que je
suis allé caresser avec un doigt d'abord, puis deux, pour finalement
passer la pointe de mes doigts de haut en bas dans ma craque de cul, pour
les sniffer ensuite.  Bertrand avait l'air super excité.  Quand j'ai
sniffé les doigts qui venaient juste de parcourir ma craque de cul, sa
queue s'est enflée encore un peu dans sa main, son gland m'a semblé
prendre du volume et il a dit : « Tu es super bandant Alex!  Tu vas me
faire juter très vite. Attends deux secondes pour que je ne crache pas
tout de suite, et vient mettre tes doigts sous mon nez.  Je veux sentir ton
cul sur tes doigts! »

En plus de correspondre au type d'homme qui m'excite sexuellement, Bertrand
semblait partager mes fantaisies.  C'était la découverte du Klondike!

Après avoir satisfait à sa demande, tout en m'installant
confortablement sur l'oreiller comme on s'installe dans un fauteuil
d'orchestre, je lui ai dit : « À ton tour maintenant! » Il a
rougi, il m'a semblé très intimidé, mais il a souri et il a fermé
temporairement les yeux.

 J'ai compris beaucoup plus tard dans la vie, quand j'ai été prof
moi-même et que j'ai eu des relations sexuelles avec certains de mes
anciens élèves, que même si les cours étaient terminés,
même si le dit élève avait gradué depuis deux ou trois ans, il
y a un lien spécial entre le prof et l'étudiant.  Transgressé par
un acte sexuel, même partagé, voulu et librement consenti, ce lien
particulier revêt un peu l'allure d'un « inceste ».  Il est
peut-être d'autant plus excitant qu'il est quelque peu « tabou ».
Il crée un malaise certain chez les deux participants, surtout chez le
prof, je dirais.  Le fait que les deux partenaires soient des adultes
consentant change peu de choses au malaise, sinon qu'il n'est pas teinté
par le code pénal.

C'est donc en affichant un sourire gêné que Bertrand, relevant
légèrement les genoux pour me donner une bonne vue de son sexe et un
peu de son cul, poursuivit sa branlette, mais, cette fois-ci en acteur.

Il imita les mouvements que j'avais faits préalablement en se caressant
partout.  Il passa une main sur ses pieds imprégnant ses doigts de leur
odeur puis les sniffa longuement.  Il me regarda en disant : « C'est
vrai qu'ils sentent sexy mes pieds.  Il m'arrive même parfois de
lécher mes orteils; même quand ils sentent un peu fort.  Ça
m'excite beaucoup. Tu as découvert l'un de mes fantasmes en me
déchaussant pour les laver avec ta langue tout à l'heure, tu sais? »
_ « Je veux donc te voir lécher tes orteils, maintenant! » lui
ai-je dit.  Il m'a obéi promptement.  La pose qu'il a dû prendre pour
relever son pied jusqu'à sa bouche m'a permis de voir sa belle craque de
cul avec des longs poils noirs un peu frisottant.  Je lui ai dit alors à
quel point son cul m'excitait.  Il termina le léchage de son pied et se
retourna en prenant une position à « quatre pattes » avec le cul
dans ma direction.  Il écarta bien les jambes.  Il repoussa son pénis
vers l'arrière (donc dans ma direction) et continua de se branler en
pointant sa queue vers le bas.  J'avais une vue superbe de sa performance à
deux pieds de ma face.  J'en bavais.  Je n'ai pas pu résister et je me
suis précipité pour aller sentir son cul en faisant exécuter à
mon nez des mouvements aller-retour de haut en bas et de bas en haut tout
le long de sa belle craque.  C'est sûr qu'il sentait plutôt fort de
ce côté-là aussi.  Il m'avoua alors, un peu gêné, qu'il ne
s'était pas douché depuis la veille.  Il s'était lavé mais
rapidement avec un linge. Il n'était donc pas vraiment sale; il était
négligé, comme je les aime.  Il puait un peu du cul mais c'était
son odeur personnelle, profonde, c'est le cas de le dire.

Ce n'était pas désagréable, au contraire.  C'était unique,
quelque chose comme des roses qui ont vieilli dans un endroit humide.
C'était une odeur terreuse, capiteuse de fleurs fanées et ça me
faisait bander au max.  M'entendant lui sniffer le cul, il a manifesté
l'envie d'avoir droit au même privilège.  Oubliant la convention de
l'alternance programmée, j'ai donc pris la même pose que lui, « à
quatre pattes », le cul presque dans sa face, pendant qu'il reprenait
son « fauteuil » de spectateur.  J'ai écarté mes fesses et je
l'ai invité à prendre.  Je l'entendais sniffer et sa langue venait se
lover sur tous les petits plis de mon cul.  J'avais envie de me pincer pour
être sûr que je ne rêvais pas.  C'était bien le beau grand prof
qui séduisait toutes les étudiantes, et sans doute des étudiants,
qui était bien derrière moi et me faisait un « job » de cul
pendant que je l'entendais grogner de satisfaction. Wow!

Après quelques minutes à me servir, il a murmuré : « Alex!  Je
crois que je ne tiendrai plus très longtemps, je suis trop excité.
Ça t'embête que je jouisse maintenant? » _ « Bien sûr que
non, lui ai-je répondu, je suis au bord de tout cracher moi aussi ».

On a repris la pose initiale sur les oreillers de l'alcôve, on a relevé
les genoux pour avoir une vue de notre craque de cul.  On a accéléré
le rythme de nos branlettes et, dans un cri de libération, on a juté
l'un sur l'autre.

Après une pause nécessaire pour reprendre nos forces, il m'a souri et
il a dit : « C'était trop bon pour qu'on ait épuisé notre
imagination.  Faudrait bien qu'on reprenne ça bientôt! » _ « Je
suis tout à fait d'accord », ai-je répondu. « J'ai envie de te
goûter de partout.  Je n'ai pas tout découvert encore.  Il faudra
sûrement plusieurs rencontres pour que je sois un peu satisfait »,
ajoutais-je en riant.  Lui aussi a ri.  « La prochaine fois, je serai
moins gêné » _ « Et moi donc! » Nous avons ri ensemble.

Je suis resté à dormir chez lui.  Durant la nuit, on a repris
quelques jeux.  Nous avons fait un bon vieux 69 et nous avons juté dans
nos bouches.  Le lendemain matin, il a suivi mon exemple et il s'est
douché. On est parti ensemble pour l'université.  Juste avant d'y
entrer, on s'est séparé comme si le hasard avait fait en sorte qu'on
arrive presque ensemble par la même porte.

Prochain épisode: Et si Jack Kerouac revenait à New York

Alexandre