Date: Tue, 25 Feb 2014 18:43:38 +0000 (GMT)
From: Adelard Dore <adelardore@yahoo.fr>
Subject: Souvenirs de Baie des Pins 1

Note : Veuillez prendre note que Nifty nous offre la possibilité de lire
de passionnantes histoires depuis plusieurs années.  Une contribution
serait sans doute grandement appréciée pour permettre à Nifty de
poursuivre son projet qui est en fait le nôtre.

Souvenirs de Baie des Pins 01

La pinède des Iroquois

Vous avez dû remarquer, si vous avez été un lecteur fidèle de
mes textes, que je suis fasciné par la vue mais aussi par l'odeur des
hommes et des jeunes hommes qu'il m'a été donné de connaître au
cours de ma vie jusqu'à présent.  Longtemps je me suis demandé
pourquoi, mais surtout d'où, pouvait me venir cette double fascination.
Dans le texte Niagara Falls (pas encore publié), je vous ai raconté
ce moment terrible et humiliant où j'avais été découvert au
collège en train de sniffer le banc de piano d'un camarade que je
désirais depuis longtemps et qui venait justement de terminer son petit
concert.  Dans cette nouvelle série intitulée Souvenirs de Baie des
Pins, je vous raconterai des moments privilégiés qui, jusqu'à
maintenant, sont demeurés secrets et remisés au fond de ma
mémoire.  J'ose espérer qu'ils sauront permettre à plusieurs, soit
de vouloir vivre pareillement de tels fantasmes, soit de se rassurer sur
eux-mêmes en les reconnaissant et en les acceptant s'il en ont déjà
vécus de semblables ou, tout bonnement, de s'amuser en suivant le chemin
mystérieux des fantasmes que j'avais envie de partager avec vous.

Bonne lecture!

...

Autour de mes douze ans, mon père, voulant me faire plaisir, sans doute
pour compenser ses nombreuses absences, acheta un petit chalet, joli et
modeste, situé à environ une quinzaine de kilomètres de la
réserve iroquoise d'Oka (Kanesatake), à un endroit qui s'appelait
Baie des Pins.

Les chalets comme le nôtre étaient construits, pour la plupart, le
long de rues perpendiculaires au lac des Deux-Montagnes lesquelles, comme
cela est presque la norme depuis la Nouvelle-France, rejoignaient une route
nationale qui, autrefois, était appelée un rang lorsque les terres
n'étaient pas réparties en lots d'habitation mais plutôt
organisées pour l'agriculture.

Notre chalet était situé sur l'une de ces petites rues, non
pavées, qui formait une sorte de cul-de-sac, car d'un côté elle se
terminait par un petit bois percé d'un sentier qui menait au lac et, de
l'autre, elle venait buter contre le rail du chemin de fer local.  En
diagonale avec notre chalet, il y avait une toute petite rue,
perpendiculaire à la nôtre, qui permettait de relier notre rue avec
sa voisine.  Au coin de ces deux rues, la nôtre et celle qui servait de
relais, habitait un couple avec un jeune garçon qui avait 16 ans quand
mon père acheta le chalet.  Il avait donc quatre ans de plus que moi.



J'étais fasciné par ce garçon.  Je le trouvais beau et sexé.
Je fantasmais déjà, à 12 ans seulement, sur le plaisir que je
pourrais obtenir si je pouvais m'approcher de lui d'assez près pour
percevoir son odeur.  Mon imagination de jeune ado était même assez
fertile pour bâtir toutes sortes de scénarios sexuels avec lui.  Je
rêvais que je m'approchais de lui suffisamment pour percevoir les
effluves intimes de son corps, pour lui parler, lui témoigner mon
affection et ma tendresse et faire en sorte qu'il devienne mon ami.

Mon ami?  Comment cela aura-t-il pu être possible?  Aucun garçon de
mon entourage n'était plus différent de lui que celui que j'étais
alors à 12 ans.  Michel, c'était son prénom, était un sportif.
Il excellait en basketball.  Il était même le coach de son équipe
au collège.  Il aimait la vitesse, les sorties sautées avec les
copains, les jolies filles et rentrer à l'aube en défiant les
consignes de ses parents.

Évidemment, à 12 ans, je n'étais rien de cela.  Je faisais aussi
dans le genre intello.  Pas physiquement cependant.  J'étais un joli
petit garçon aux grands yeux noirs, au nez fin, au front déjà
large et je n'avais rien à voir avec le genre « studieux à
lunettes » comme on imagine souvent les gars intéressés par leurs
études.

Le premier été que j'ai passé à Baie des Pins, je regardais
Michel, à son insu, quand il enfourchait son vélo comme un habile
cavalier saute sur son cheval et son pied attrapait immanquablement le
pédalier comme un bon cavalier l'étrier.  Il ne ratait jamais son
coup, du moins à mes yeux, ou peut-être ne voulais-je pas qu'il le
ratât.  Je me souviens que, quand je le voyais arriver chez lui à
toute vitesse et immobiliser son vélo en soulevant des nuages de
poussière, je l'enviais, je le trouvais encore plus beau et, par
comparaison, je me trouvais gauche sur mon gros vélo, trop gros pour
moi, qui ne me permettait pas de briller à ses yeux.  Mais son vélo
n'avait pas seulement la vertu de le grandir à mes yeux, il nourrissait
mes désirs.  Quand je voyais ce fameux vélo appuyé contre le mur
de son chalet, surtout si je venais de voir Michel en descendre pour
rentrer chez lui, je me demandais toujours si la selle de son vélo avait
gardé un peu de l'odeur de son cul.  Il m'arrivait alors de passer et de
repasser devant chez lui, justifiant intérieurement ma conduite par
toutes sortes de prétextes, douteux mais vraisemblables, dans
l'éventualité où mon comportement étrange l'aurait amené à
me poser des questions.  Je voulais tout simplement fixer attentivement la
selle du vélo, croyant follement qu'à force de la regarder, je
finirais peut-être par attraper, miracle de la brise ou d'une
imagination perverse, un peu de son odeur intime.

Deux ans plus tard, j'avais 14 ans et j'avais découvert récemment les
joies véritables de la masturbation.  Michel, maintenant à 18 ans,
avait reçu en cadeau de ses parents une magnifique voiture sport MG
décapotable.  Inutile de dire que j'étais à la fois admiratif et
envieux et mon rêve de devenir son ami s'accentua davantage.
J'imaginais qu'il me faisait faire des ballades de nuit dans sa voiture et
que, les cheveux battus par le vent, il me jetait des regards obliques que
je percevais inévitablement chargés de volupté.  Ensuite, de
retour chez lui, il m'invitait dans sa chambre_ mon imagination ne
s'encombrait pas de la présence de ses parents_ et timidement,
gauchement assis sur son lit, il m'avouait qu'il avait envie de partager
ses fantasmes avec moi.

En deux ans, mon désir de lui avait cru au point qu'il ne laissait pas
beaucoup de repos, ni à mon esprit, ni à mon poignet.  Surtout qu'il
était devenu un très beau jeune homme. Il s'habillait de manière
excitante avec des jeans qui faisaient ressortir ses fesses et il portait
toujours ses fameux verres fumés qui lui donnaient l'air d'une vedette.
Lorsqu'il descendait de sa voiture, en arrivant chez lui, le petit chalet
de ses parents se transformait dans mon imagination et devenait aussi
intangible et merveilleux que s'il eut été la demeure prestigieuse
d'un James Dean rentrant chez lui à Los Angeles après le tournage
d'une scène d'East of Eden.

Une nuit que ma mère, ma grand-mère et ma sœur étaient déjà
au lit depuis longtemps, ne trouvant pas le sommeil, je lisais dans la
véranda quand j'entendis le bruit d'un moteur de voiture, celui-là,
repérable entre tous, puisqu'il m'apportait le bonheur de voir Michel.
J'ai donc pu le voir sauter de sa voiture et entrer chez lui.  Puis, je vis
de la lumière à la fenêtre de sa chambre. Puis, quelques minutes
plus tard, tout était éteint.

Mon cœur se mit à battre très fort parce qu'il me vint à
l'esprit cette obsessive pensée qu'il devait sans doute avoir commencé
une pratique bien connue, celle-là même que je faisais tous les soirs
en me couchant, c'est-à-dire de se branler.  Mon imagination galopante
se le représentait empoignant son pénis dans la main droite et de la
gauche tirant sur ses couilles pour évaluer le volume du jus qu'elles
avaient fabriqué durant la journée et qui devait avoir pris de
l'expansion en se compressant sur le siège de cuir de la voiture.

Puis, je l'imaginais à genoux sur son lit se caressant les fesses et
enfonçant un doigt dans son cul, pratique que j'avais également
découverte récemment et qui m'apportait tant de plaisir que
j'estimais ne pas devoir être le seul sur terre à en avoir fait
l'essai.  J'étais bandé comme ce n'est pas possible.

C'est alors qu'une idée folle me vint à l'esprit.  J'attendrais qu'il
ait terminé sa branlette et qu'il se soit endormi_ j'estimais pour cela
environ une vingtaine de minutes_ puis, je me glisserais dans sa bagnole
dont le toit était resté ouvert et j'irais sentir le siège de cuir
qui avait dû, compte tenu de la chaleur de la canicule, garder une bonne
part de l'odeur de son cul.  Je pourrais ainsi remplir mes poumons de son
parfum secret et mon imagination de l'image inventée de son cul.  Je me
promettais alors une branlette unique tout à fait exceptionnelle.

La nuit était silencieuse; car, les nuits de la semaine à Baie des
Pins, tout le monde se couchait de bonne heure.  Depuis longtemps
déjà, il n'y avait plus de lumière nulle part.  Les risques de me
faire prendre étaient donc minimes.  J'attendis même une bonne
demi-heure pour faire durer l'excitation qui grandissait au rythme de mes
battements de cœur et pour m'assurer d'être entouré de gens
endormis.

Enfin, je me suis décidé.  Doucement j'ouvris la porte de la
véranda et, à petits pas, croyant ainsi faire moins de bruit, je me
dirigeai vers la voiture de mes rêves.  En arrivant devant la
portière, j'étais tellement excité qu'il me semblait que je
percevais déjà un peu de son odeur et qu'une imperceptible brise
soulevait les particules invisibles des fragrances de son cul et les
élevait, comme le prêtre une hostie au-dessus de l'autel, jusqu'au
plateau sacré de mon nez.  J'étais super bandé!

Comme la portière était verrouillée, même si le toit était
baissé, j'ai dû enjamber la portière pour me retrouver sur le
siège.  J'ai commencé mon investigation en caressant le volant de la
voiture que ses divines mains avaient touché tout récemment, les
mêmes mains qui venaient juste de le branler selon le scénario que je
venais à peine d'inventer.  Puis, enjambant la manette d'embrayage, j'ai
pu gagner le siège du passager et me pencher pour sentir celui du
conducteur.  Y avait-il vraiment une odeur ou celle-ci était-elle le pur
produit de la volonté obstinée de mon imagination d'adolescent en
chaleur, j'étais sûr que son cul était presque collé sur mon
nez.  Je respirais à plein poumons quand j'ai senti un mouvement
derrière moi, que j'ai vu un corps se redresser et entendu une voix me
dire fortement mais sans colère : « Qu'est-ce que tu fais là, dans
ma voiture? » J'ai failli perdre conscience.  J'ai senti le sang quitter
subitement mon cerveau en direction de mes jambes qui devinrent toutes
molles, me rendant ainsi incapable de fuir comme me le dictait portant mon
instinct.

Je ne répondis rien; je ne le pouvais pas.  Ma gorge était serrée
et mes cordes vocales sans vie.  Mes bras étaient retombés sur le
côté comme si j'eusse été évanoui et je le regardais
désespérément attendant qu'un bon coup de point, une gifle ou un
bonne poigne dans ma chevelure ne me sorte de ce lieu chéri mais tabou
où je n'aurais jamais dû pénétrer et ne vienne mettre fin au
terrible supplice de la honte que j'éprouvais à ce moment là.

Mais, contrairement à mes attentes d'une solution forte, terrible et
définitive, c'est lui qui me donna la justification la plus plausible à
ma situation actuelle et qui vint mettre un baume sur la blessure de ma
fierté.

Il me dit, comme s'il trouvait normal qu'un jeune garçon de 14 ans soit
fasciné par une voiture sport : « Elle te plaît ma voiture? »
Je fis signe affirmativement de la tête. « Tu voudrais faire un tour?
» Mes yeux s'agrandirent.  Non seulement il semblait que je ne recevrais
pas de châtiment, que je ne serais pas traîné avec humiliation
devant ma mère, mais je venais de gagner au loto.  J'allais peut-être
faire la ballade de nuit que j'avais tant souhaitée, avec le garçon
de mes rêves, dans sa belle voiture sport.  À l'aide d'un sourire
désespérément puisé au bassin de mes désirs, j'ai laissé
paraître_ car ma voix restait toujours éteinte_ que j'en serais ravi.
Il me dit d'attendre, qu'il allait prendre ses papiers et récupérer
ses clés.

Quelques minutes plus tard, je partais pour le bonheur.

Dès que nous eûmes rejoint la «grand route», on appelait ainsi
la route nationale, il prit de la vitesse et entreprit la conversation.  «
Alors? Il y a longtemps que tu viens comme ça dans ma voiture la nuit? »
« Non! » ai-je repris, la voix m'étant tout à coup revenue.  Je
lui ai expliqué que j'enviais sa voiture, que je rêvais d'en avoir
une semblable et que, cette nuit, ne dormant pas_ je n'osais pas lui dire
que j'étais absorbé par la lecture car cela me semblait si loin de
ses intérêts que j'eusse pu passer pour un rat de bibliothèque à
ses yeux, aux yeux de celui à qui justement je voulais paraître digne
d'être son ami_ je l'avais vu arriver et que s'était formée
lentement dans ma tête l'idée que je pourrais peut-être
éprouver le plaisir qu'on devait ressentir à se tenir derrière le
volant d'une si impressionnante voiture sport.  Je me sentais tout à
fait convaincu et je croyais être convainquant oubliant que ce n'est pas
sur le siège du passager qu'on éprouve la sensation d'être
derrière le volant.  Mais je voulais tellement oublier la terreur que
j'avais vécue un quart d'heure plus tôt que j'arrivais à me
convaincre maintenant que seule la raison qu'il m'avait suggérée pour
me sortir d'embarras représentait la vérité complète sur la
cause de mon audace.  Il a souri étrangement.

La voiture contournait la montagne et pénétrait dans la réserve
amérindienne.  La route traversait la grande pinède et ça sentait
bon les conifères.  La nuit, le clair de lune, le vrombissement du
moteur, une banale conversation que mon cœur d'ado transformait en
confidences amicales, voire amoureuses, la vue des cuisses de Michel à
côté de moi, sa main sur le levier d'embrayage, mes cheveux qui
battaient au vent comme les siens, comme ceux d'un complice_ au fond nous
étions pareils et faits pour nous entendre, me disais-je,_ tout cela me
grisait et transformait le cœur du joli garçon de 14 ans que
j'étais en celui d'une «jeune fille» de 14 ans qui roule dans le
carrosse de son prince charmant.

Après la réserve, il engagea la voiture dans une petite route de
campagne qui serpentait entre les montagnes et s'engagea ensuite dans un
petit chemin de terre qui semblait ne mener nulle part.  J'ai commencé à
prendre peur.  La ballade était-elle un piège?  Voulait-il
m'éloigner de chez moi pour mieux me rosser?

« Où allons-nous? » lui dis-je avec une panique certaine dans la
voix.  Il coupa le moteur.  Il me regarda longuement comme s'il cherchait
les mots justes pour prononcer ma sentence ou comme s'il se demandait,
comme un bourreau du Moyen-âge, par quel supplice il allait commencer
afin que les souffrances durent le plus longtemps possible.  Je regrettais
terriblement de ne pas avoir laissé une note à ma mère avant de
partir pour qu'elle ne me cherche pas si elle ne me trouvait pas dans mon
lit ni sur la véranda en se levant par hasard au cours de la nuit.
Peut-être allait-il me tuer et ne retrouverait-on jamais mon corps?  Je
me rendais compte à quel point mon excitation m'avait rendu imprudent.
J'ai retombé quelquefois dans des situations semblables par la suite au
cours de ma vie et je comprends maintenant combien il est difficile de
résister à l'appel contenu dans le désir sexuel mais aussi combien
cet appel peut parfois être dangereux et contenir, dans certains cas, un
arrêt de mort.

Enfin, il parla.  Il me demanda ce que je faisais avec la face contre son
siège lorsqu'il me surprit dans la voiture.  La mâchoire parut me
décrocher tellement elle tombait de haut, d'aussi haut que mes
illusions, sans parler de mes rêves.  Mais il ne me laissa pas longtemps
dans cet état car il a vite compris qu'il n'obtiendrait aucune
réponse si ma tension ne baissait pas.  Je n'avais plus de voix pour la
deuxième fois en cette même nuit.  Il répondit donc à ma place,
venant ainsi à mon secours, comme plus tôt quand il m'avait surpris
dans sa voiture.  Il m'a dit qu'il s'était aperçu depuis longtemps
que je le regardais avec insistance.  Au début, m'a-t-il dit, il n'y
portait pas grande attention.  Il ajouta_ et cela ramena ma mémoire à
l'instant même où il m'avait surpris dans sa voiture et non plus au
moment merveilleux où il m'avait suggéré un alibi_ qu'il m'avait
vu sniffer son siège de conducteur.  Le clair de lune n'était pas
suffisant, surtout dans un chemin de campagne couvert d'arbres, pour saisir
la couleur de ma figure.  Elle devait être cependant pomme grenade, je
dirais, sans crainte de me tromper.

Mais il devait faire assez clair pour qu'il s'aperçoive cependant que
j'étais effrayé et au bord d'une syncope.  Car, il ajouta tout de
suite: « Tu sais, il ne faut pas que tu t'en fasses avec cela.  Ça
m'est arrivé déjà d'avoir de tels fantasmes, même si j'aime les
filles.  J'ai aussi parfois quelques désirs pour des gars. » Une
tonne de honte s'échappa soudainement de mes épaules et ma
respiration redevint peu à peu normale, évitant ainsi la syncope.  «
Quand j'ai vu que tu essayais de trouver l'odeur de mon cul sur mon
siège, ça m'a terriblement excité et j'ai pensé que je pourrais
satisfaire ton désir ainsi que le mien, si on allait faire une ballade
dans un coin sûr. Ce serait un lieu secret qui deviendrait notre île
aux trésors.  Tu sais très bien qu'on ne pouvait rien faire chez toi
ni chez moi.  Je t'offre cette occasion si tu veux.  Sinon, on continue la
ballade et, toi et moi, nous serons les seuls à connaître ce qui est
maintenant notre lieu secret. » Son « île aux trésors » en
faisait pour toujours mon pirate préféré, le flibustier qui allait
enlever ma virginité.

Mon large sourire et les larmes qui embuaient mes yeux lui donnèrent une
réponse positive à son offre.  Lentement, il avança ses lèvres
vers ma bouche et les posa sur la mienne.  Par délicatesse et pour me
laisser le temps de goûter à ce qui m'arrivait, il répéta ses
baisers à plusieurs reprises sans aller plus loin.  Puis, il modifia son
approche et sortit sa langue qui vint buter sur mes lèvres.  Ma bouche
s'ouvrit alors tout naturellement comme celle d'un nouveau-né trouvant
les mamelons de sa mère.  J'ai laissé sa langue pénétrer ma
bouche et lentement je me suis essayé à pénétrer la sienne.  Il
n'offrait aucune résistance. Il m'autorisait donc à le découvrir.
Je me sentais fragile, fébrile même, mais mon cœur courait vers
lui et l'appelait comme Don Quichotte poursuivant sa Dulcinée.
J'étais en train de réussir ce qui deux heures plus tôt m'eût
apparu impossible!

Lentement, après une bonne dizaine de minutes de baisers, il plaça sa
main sur mon sexe et en vérifia sans difficulté la raideur et la
dureté.  Mon jeans allait éclater.  Il en baissa la
fermeture-éclair mais n'alla pas plus loin.  Il me laissait m'habituer à
ces sensations toutes nouvelles pour moi.  Afin de me mettre à l'aise,
pour que je ne me retrouve pas nu devant lui encore vêtu, il enleva sa
chemise, puis ses sandales, ce qui facilita le passage de son short (il
portait un pantalon court) et, en slip, il s'approcha de nouveau de moi et
m'embrassa de nouveau.  « Allez! Tu peux déballer ton cadeau
maintenant.  Tu l'as bien mérité! » Mon Dieu! Qu'il me comprenait!
Il savait combien il m'avait fallu d'énergie pour aller jusqu'à sa
voiture et combien j'avais fait d'efforts pour me rapprocher de lui durant
deux ans, parfois simplement pour obtenir qu'il daigne me regarder deux
secondes et me sourire.

Hésitant, j'ai approché ma main de son sexe bien tendu et bien dur
aussi, mais plus long et plus large que le mien, bien que le mien ne fût
pas si négligeable et même un peu au-dessus de la norme (mais ça,
je ne le savais pas encore).

Je caressais sa queue à-travers son slip timidement et nerveusement.  Il
me dit gentiment : « Je vais t'aider » Et il enleva son slip me
révélant le premier grand trésor de la nuit.  Pressentant mes
désirs, il ajouta : « Tu peux la sentir ma queue si tu veux.  Je n'ai
pas pris de douche depuis le matin et il a fait chaud aujourd'hui.  On
dirait que j'ai gardé tout ça pour toi, pour te faire plaisir. »

Lentement ma tête alla se poser sur ses cuisses, en évitant
l'embrayage, comme elle l'avait fait sur son siège près de sa maison,
et, tenant sa queue tantôt avec ma main droite, tantôt avec ma main
gauche, je la parcourais avec mon nez et mes lèvres tentant d'en saisir
tout le parfum et toute la saveur.  Jamais, dans mes rêves les plus
érotiques, je n'aurais pu imaginer que cela puisse sentir et goûter
aussi bon.  Le parfum lointain des conifères de la pinède qui
traînait cette nuit là dans la vallée constituait une sorte de
décor olfactif.  Il ajoutait un fond de merveilleux à l'odeur acide,
forte et piquante de son sexe et à celle plus ténébreuse de son
sac de couilles humide dans lequel pendaient ses deux œufs de chair
comme deux petits diamants cachés dans un vieux coffre, lui-même
remisé dans une vielle cave où vieillissait un bon vin.

Il me caressait les cheveux pendant que je le parcourais.  Puis, il me
chuchota doucement avec un grand sourire apaisant : « Et moi, est-ce que
je peux déballer mon cadeau maintenant? » Je me redressai presque à
regret et repris ma place, droit sur mon siège.  Il sortit de la
voiture, la contourna, alla dans le coffre et y prit une couverture. Il
l'étala sur le sol près du chemin et m'invita à le rejoindre.  Je
craignais que quelqu'un ne vînt et je lui indiquai ma crainte.  Il me
rassura en me disant qu'il connaissait bien l'endroit et le savait très
sûr.  Il remarqua alors, malgré la noirceur, que ma figure se
contracta à ses dernières paroles.  Il a compris que j'étais
déjà jaloux, que j'imaginais qu'il était déjà venu là
avec une fille voire, encore plus grave à mes yeux, avec un autre
garçon.  Il me rassura tout de suite, même si peut-être ce
n'était pas la vérité. Mais j'étais ouvert à toute
explication, comme plus tôt devant chez lui, capable de soulager mon
anxiété.  Il m'a dit qu'il lui était arrivé souvent de venir là
pour se masturber la nuit avant d'entrer chez lui.  Il pouvait laisser
aller sa jouissance et crier au moment de l'orgasme sans crainte de
réveiller la maisonnée.  Ces rassurantes paroles suffirent à me
convaincre.

J'ai approché de lui et il a toute suite baissé mon short, enlever
mon t-shirt et, avec une délicatesse de micro-chirurgien, il a retiré
mon slip et contemplé avec satisfaction la puissante érection qu'il
avait causée et qui devait bien avoir presque deux ans de cave, si je
puis m'exprimer ainsi.  Il avança sa bouche et engloba tout mon
pénis.  Il le lécha de longues lippées et le suça ensuite en
l'enfonçant jusqu'au fond de sa gorge, m'indiquant ainsi ce que je
devrais sans doute faire avec le sien quand viendrait mon tour.

Quelques années plus tard, je me suis souvenu avec humour de ce moment
important de ma vie, quand en lisant des poésies latines d'Horace, ce
dernier voulant apprendre à son jeune élève ce qui devait lui
être utile pour réussir dans la vie s'il voulait approcher des hommes
illustres et être en mesure de les séduire, il lui dit : « Ad oram
laborandum tibi » ( Il te faudra savoir travailler de la bouche).  Mon
apprentissage personnel ne venait pas d'Horace mais de Michel dont la
poésie, toute naturelle, avait créé pour mon initiation un
décor inoubliable, plus précieux encore que les monuments
littéraires des poètes disparus.

Il arrêta de me sucer juste avant ma jouissance et m'invita à
pratiquer sur lui mon tout récent apprentissage.  Sa queue dans ma
bouche et son gland qui accrochait le fond de ma gorge, c'était un
plaisir si intense et si invraisemblable que je croyais, durant quelques
secondes, que je m'étais endormi en lisant sur la véranda, et que
tout cela n'était qu'un rêve. Mais, force m'était de constater
tout de suite que j'étais bien en train de sucer celui que j'avais tant
désiré, parfois avec espérance, parfois avec désespoir.
J'oubliais le temps.  Je l'aurais sucé jusqu'au matin.  Tant pis pour
l'inquiétude de ma mère, tant pis pour tout, car j'étais au
paradis et la compagnie des anges s'accommode bien de quelques démons à
venir.

 Il me repoussa lentement et me dit doucement à l'oreille : « Il me
semble que sur mon siège de voiture, tout à l'heure à la maison,
c'est aussi autre chose que tu venais chercher, non? » Sans doute me
vit-il pâlir, car j'avais si honte de ce fantasme que j'avais presque
espéré qu'il fût oublié.  Il sourit encore et ajouta : « Tu
n'as pas à avoir honte car c'est précisément quand j'ai vu que tu
essayais de sentir mon cul sur mon siège que m'est venue l'idée de
faire une ballade avec toi.  Ça me rendrait heureux que tu sentes mon
cul. Ça m'exciterait beaucoup. Pour moi aussi, comme pour toi ce soir,
ce serait une première fois. » J'ai senti que ma figure reprenait ses
couleurs et, si gentiment offert (Humm! Humm!), je ne pouvais rien lui
refuser.  Comment d'ailleurs l'aurais-je pu?  J'avais nourri ce fantasme
depuis si longtemps.  Je me souvenais très bien que, quand il n'avait
que son vélo, que je voyais parfois appuyé sur le mur de sa maison,
je mourais d'envie d'en aller sniffer la selle quand il revenait d'une
longue ballade.  Alors, maintenant qu'il m'offrait la source même des
parfums tant désirés, et que ça lui faisait plaisir de l'offrir à
mes jeunes narines, refuser son offre aurait été aussi bête que
passer à côté d'une rencontre avec une grande vedette admirée
sous prétexte d'une légère fatigue.

Tout étourdi par l'émotion et la surprise, et je le fus vraiment
quand je le vis se mettre à genoux, puis se retourner et se pencher vers
l'avant pour me donner libre accès à la craque de son cul.  «
Allez! Alex, vas-y! Viens sniffer mon cul et montre-moi que tu aimes ça!
» Je m'approchai lentement de sa craque de cul avec la réserve d'un
ambassadeur aux pieds d'un trône royal.  Avant d'écarter ses fesses,
j'ai voulu préparer mon esprit et mon cœur à l'intensité des
parfums que j'allais respirer et j'ai sniffé d'abord sa craque de haut
en bas jusqu'au périnée et de bas en haut jusqu'aux reins.  Je
sniffais fort pour qu'il m'entende bien.  Il m'encouragea en disant : «
Oui! Comme ça! Tu es parfait! Quand tu es prêt, tu écartes mes
fesses et tu respires. » Je fus prêt très vite.  En écartant
ses fesses, j'ai découvert, au fond d'une couronne de poils noirs, fins
et légers, une bague foncée que la noirceur de la nuit ne me
permettait pas de voir clairement.  Mais cette demi-obscurité ajoutait
au mystère et sans doute au désir.  Je m'approchais de mon but quand
j'ai reconnu que certains des effluves de son intimité me semblaient
connus, sans doute parce que j'avais déjà senti mon propre cul sur
mes doigts.  Mais l'essentiel, l'unique, le tout-à-fait Michel,
s'éleva bientôt vers mes narines comme d'une tribune la musique
résonnante des orgues couvrant la voûte d'une cathédrale.  Et
quelle voûte, c'était celle tant rêvée!  J'étais comme le
voyageur à qui on a promis la visite de la Sixtine, qui en a entendu
parler par plusieurs présentateurs et devant qui on ouvre enfin les
portes pour qu'il découvre le chef-d'œuvre.

Je respirais fort et je sentais que la tête me tournait.  Je voulais
rattraper en une minute des longs mois d'attente et d'espérance
désespérante.  Michel était au comble. Comme il m'entendait et me
savait très excité, il me criait : « Vas-y Alex!  Prend tout ce
que tu veux ».

Incapable de résister à ses encourageantes paroles, une nouvelle
envie, soudaine, émergeant probablement de l'odeur de terre de son cul
qui portait les marques d'un jour chaud, mais sans résidu aucun, un cul
propre tout en étant humide, comme un vieux thé rouge recelant une
fine odeur de betterave, j'ai plongé ma langue dans le deuxième
trésor qu'il m'offrait en cette même nuit.  Je me mis à lui
lécher le cul et à le pénétrer avec ma langue toute vierge,
vierge de tout autre contact que celui que j'avais découvert sur sa
langue quelques longues minutes plus tôt.

Il m'ordonna alors de me masturber.  Il disait qu'il voulait me voir et
m'entendre jouir pendant que je lui faisais le grand service parce que
c'était sans doute ce dont j'avais tant rêvé et ça l'excitait
de savoir que son cul était l'objet principal de mes désirs.  Quand
je vis aussi qu'il se masturbait et commençait à gémir,
obéissant à son ordre, j'ai pris ma queue dans la main et, après
quelques bons coups de branlette, j'ai crié et lancé mon sperme
partout sur ses fesses et le bas de son dos.  Presque en même temps,
j'ai entendu un long hurlement.  Il s'est redressé et je l'ai vu jouir
partout sur la couverture et même au-delà dans les herbes au bord du
chemin.  J'ai compris et j'ai cru alors que peut-être il m'avait dit la
vérité quand il avait dit qu'il venait là parce qu'il ne voulait
pas que ses parents n'entendissent ses cris de jouissance.  Chez lui, il
aurait réveillé non seulement ses parents mais toute la rue.

Il m'embrassa longuement, je crois qu'on se reposa même un peu dans les
bras l'un de l'autre.  Mais, malgré la canicule, la nuit avançait _
l'aube se lève tôt au milieu de l'été_ et l'air se faisait plus
frais.  Je me suis rhabillé presqu'à regret mais c'est à regret
surtout que je l'ai regardé, lui, remettre ses vêtements.  Avec
humour, il m'a dit : «Tu ne veux pas sentir mon siège d'auto avant
qu'on rentre à la maison? » J'ai accepté son offre, mais après
le grand dîner qu'il venait de me servir, le siège n'était plus
qu'un gentil apéritif.

Il commençait à faire presque clair quand on rentra respectivement
dans nos chalets.  Tout le monde dormait encore.  Le lendemain, j'ai
raconté à ma mère que j'avais dû lire presque toute la nuit.
Elle m'a répondu qu'en effet, elle m'avait entendu aller me coucher
très tard ou très tôt.  « Il faisait déjà clair » me
dit-elle, sans laisser paraître le moindre soupçon sur la nature
véritable du livre que j'avais parcouru.

Prochain épisode...À l'aube au bord du lac

Alexandre