Date: Thu, 27 Feb 2014 23:12:17 +0000 (GMT)
From: Adelard Dore <adelardore@yahoo.fr>
Subject: Souvenirs de Baie des Pins 2

Souvenirs de Baie des Pins 02

À l'aube au bord du lac

Michel et moi avons baisé encore quelques fois au cours du dernier mois
des vacances, mais c'était toujours durant la journée.  Nous ne
pouvions pas prendre le risque de refaire notre promenade nocturne sans
susciter de périlleuses interrogations tant de la part de ses parents
que de ma mère. Si, la première fois, on disposait toujours de
l'alibi de l'adolescent qui a profité de la nuit pour se glisser dans
une voiture qui le faisait rêver et qui, surpris par le jeune
propriétaire, avoue son « crime » et attire de la part de ce
dernier non seulement le pardon mais la compassion, ce qui lui vaut une
ballade de « miséricorde », une deuxième ou une troisième
fois, cela eut paru douteux. Il valait mieux que Michel racontât qu'il
avait perçu peu à peu mon envie d'une ballade dans sa voiture et
qu'il avait décidé de me faire plaisir. Mais, ce geste de gentillesse
d'un plus vieux pour un plus jeune, pour être crédible, ne pouvait
avoir lieu que le jour ou tôt en soirée, pas au milieu de la nuit,
bien sûr.

Nous retournâmes dans ce petit chemin de terre derrière les montagnes
où nous reprîmes, sans crainte d'être dérangés, nos jeux de
la première rencontre.  Ce fut tout aussi bon et même encore meilleur
parce que la gêne n'était plus là.  Je dévorais son corps et je
me livrais à mes fantaisies sans avoir peur de passer pour un pervers.
Lui aussi était plus à l'aise.  Cependant, il n'y avait pas les
soubresauts nerveux de la première fois ni la peur, du moins dans mon
cas, d'avoir affaire à un ogre tueur d'enfant, ni dans son cas,
d'être dénoncé pour détournement de mineur. Il y avait quelque
chose en plus mais aussi quelque chose en moins.

La fin d'août vint très vite et nous avons dû retourner au
collège tous les deux. Ce n'était pas un hasard si nous
fréquentions la même institution.  Ma mère avait consulté la
sienne avant de choisir le collège où je devrais faire mes études
«classiques».  Elle s'était finalement laissé convaincre par
cette dernière et par le témoignage même de Michel.  Je me suis
donc retrouvé dans «son» collège en septembre. J'attendrais
donc avec impatience l'été suivant et, quand il m'arrivait de le
croiser dans les longs couloirs de l'institut, je rougissais, je le
regardais de la tête aux pieds, je souriais, je tentais de prendre
rapidement un peu de son odeur mélangée à l'air qu'il
déplaçait et je lui disais cette phrase équivoque pour qui ne
connaissait pas notre intimité, c'est à-dire tout le monde : «
J'ai bien hâte à l'été prochain ».

Quand l'été arriva, je fus inconsolable car Michel avait décidé
de s'inscrire au camp militaire d'été de Farnham.  Je ne le verrais
donc pas.  Je me souviens avoir souvent pleuré avant de m'endormir me
rappelant avec nostalgie notre première nuit dans la pinède des
Iroquois.

Il est plus difficile dans la vie, du moins pendant la période de temps
nécessaire pour se remettre d'un amour blessé ou perdu, et celle,
parfois plus longue, pour se refaire d'autres désirs, d'être privé
d'un bonheur qu'on a connu que de ne pas avoir connu ce bonheur du tout.
La douleur d'avoir perdu quelqu'un de bien précis est plus amère que
l'ennui de ne connaître personne.  En vieillissant, quand l'âge
commence à compter plus qu'on ne le voudrait, c'est le contraire qui se
produit.  On se souvient avec nostalgie des beaux moments qu'on a vécus
mais on se sent heureux de les avoir vécus; alors qu'on vit
douloureusement le manque de souvenirs et le vide de la mémoire
amoureuse.

Il m'arrivait donc parfois la nuit, quand je ne parvenais pas à trouver
le sommeil ou qu'un rêve nostalgique impliquant mes amours «mortes»
avec Michel me réveillait subitement ne me redonnant pas le calme
intérieur nécessaire pour me rendormir, que j'allasse m'asseoir
près de la fenêtre de ma chambre et de passer de longs moments à
fixer désespérément la rue, où personne ne passait bien sûr,
ou bien de tourner mon regard en direction de l'arrière de la maison où
s'alignaient les premiers arbres d'un petit bois de pins et de trembles.
Je songeais alors à la nuit de délices que j'avais passée avec
Michel et qu'une mémoire trop jeune et mal expérimentée me faisait
considérer comme devant être l'unique moment, sinon le seul et le
dernier de toute ma vie.  J'imaginais que celle-ci serait désormais
semblable à celle d'un prisonnier dans une oubliette et que personne ne
viendrait jamais m'en délivrer.  C'était ignorer, et cela était
bien naturel à quinze ans, qu'il se trouvait encore bien des princes
charmants sur les routes et que les hasards d'une vie les amènerait
inévitablement à me croiser.

Une de ces nuits où je m'étais réveillé vers quatre heures pour
regarder à ma fenêtre, je fus saisi par une sorte de vision.  Un
très bel homme, début de la vingtaine, grand, même très grand
(il devait faire 1.90m), cheveux foncés et légèrement bouclés,
musclé comme un nageur (musclé serré), en slip de bain couleur
marine et pieds nus, portant une ligne à pêche sur ses épaules et
dans une main un petit coffret de pêche sans doute, marchait à grands
pas, dédaignant la fraîcheur de la nuit, en direction du lac.  Quand
il eut rejoint le petit sentier qui, du fond de la rue, séparait
celle-ci du lac par un petit bois de pins de 500 mètres environ, il s'y
engagea et disparut. J'ai vraiment cru à une «sorte» de vision.
Cela ne pouvait pas en être une cependant car je savais pertinemment qui
était ce jeune homme.  En réfléchissant un peu, j'ai cessé de
trouver étrange qu'il aille pêcher au petit matin car c'était en
effet une bonne heure pour la pêche.  Ce qui restait mystérieux,
c'était sa tenue.  Il devait sûrement avoir froid.  La fin de la nuit
est toujours fraîche. Et puis, pourquoi n'apportait-il pas d'en-cas, ni
de couverture, ni de blouson en cas de pluie?  Il n'avait rien d'autre que
sa ligne et son coffret d'agrès.  Et puis, s'il lui prenait l'envie
d'enlever son maillot marine, il serait tout nu!  Enivrante perspective!
Je me sentais déjà mieux.

La nuit suivante, je fis des efforts pour me réveiller assez tôt pour
voir s'il ne reparaîtrait pas.  Oui! Un peu après 4 heures, il
repassa en direction du petit bois pour rejoindre le lac.  Il était
toujours vêtu de son seul slip Marine.

Quand il eut disparu dans le petit bois qui menait au lac, je m'aperçus
que j'étais bandé et que, dans ma tête, se bousculaient bien des
images.  Je l'imaginais enlevant son slip de bain dans une chaloupe et se
masturbant sur le lac ou sur la plage déserte sous la rosée du matin.
Dans un autre scénario, je me voyais lécher ses larges pieds qui
avaient foulé la terre du sous-bois et le sable frais de la plage.  Je
lui enlevais son slip Marine très ajusté et je léchais sa queue.
Je prenais ses couilles dans ma bouche.  Je me suis recouché et je me
suis branlé pour pouvoir trouver le sommeil tant j'étais excité.
Après l'orgasme, j'ai résolu de poursuivre mes recherches et de
tenter de l'approcher. L'image de Michel allait donc s'estomper peu à
peu derrière la construction d'un nouveau désir qui, je l'espérais
sans me l'avouer, allait ajouter un nouveau souvenir à ma jeune
mémoire.

Mon nouveau fantasme s'appelait Jean-Marie.  Il était le plus jeune
d'une famille de quatre enfants, trois garçons et une fille.  Sa
mère, veuve, avait décidé de s'établir définitivement à
la campagne. Elle avait fait isoler la maison pour l'hiver afin d'y passer
l'année avec ses enfants; cela qui coûterait moins cher que vivre en
ville.  Mais les enfants avaient grandi.  La fille était mariée et
deux de ses fils vivaient désormais à Montréal.  Ils ne venaient
visiter leur mère que très rarement. Jean-Marie demeurait donc seul
avec sa mère.  À vingt-trois ans, il pouvait donc faire un peu ce qui
lui plaisait.  Si l'envie lui prenait de pêcher tout nu dès
potron-minet, qui eut pu l'en empêcher?

Il sortait d'ailleurs fort peu.  Plutôt secret et discret pour un jeune
mâle aussi beau et sexé. On le voyait quelquefois, le samedi soir
surtout, se rendre au Lounge de l'hôtel Montlieu, sur la «grand
route», où il y avait des spectacles d'artistes souvent bien
connus. Étonnamment d'ailleurs pour un si petit hameau!  Je dis «
étonnamment » car l'éloignement de la ville ne permettait pas de
supposer qu'on pût y trouver de tels artistes (je raconterai dans un
autre Souvenir ce qui m'arriva à la suite de l'un de ces spectacles).

Mes investigations nocturnes me conduisirent à conclure que, sauf
exception, mon Jean-Marie allait à la pêche les samedis et les
dimanches matin.  La semaine, je ne le voyais pas, sauf durant la
journée quand il passait devant notre chalet pour se rendre à la
petite épicerie pourvoirie près de l'orée du petit bois.  Mais, de
jour comme de nuit, il portait toujours son éternel slip Marine et il
allait toujours pieds nus.  Inutile de vous dire, maintenant que vous
connaissez mieux mes fantasmes, que mes images mentales me
suggérèrent bien vite combien ce slip nylon couleur marine devait
contenir de merveilleuses odeurs.  Il semblait abriter son cul et ses
couilles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Un dimanche qu'il pleuvait des cordes, je me suis très difficilement
levé à quatre heures, difficilement car la pluie qui tombait sur le
toit de bois du chalet agissait comme une berceuse et prédisposait au
sommeil.  Aussi, je croyais bien que le mauvais temps ne le ferait pas
sortir de chez lui.  Mais je tenais tout de même à prendre mon quart
de garde, comme d'habitude, devant ma fenêtre.  Surprise!  Malgré la
pluie qui rendait la rue boueuse et l'air plutôt frisquet, couvert
seulement de son éternel slip Marine et tenant dans ses mains son unique
équipement de pêche, il allait allégrement vers le lac.  Ses
cheveux assez longs et serrés tombaient lourdement sur ses épaules.
Des mèches humides et pointues descendaient sur son front comme des
dents noires.  Elles étaient moins menaçantes que terriblement
sensuelles.

La pluie rendait aussi le slip brillant et presque translucide. À chacun
de ses pas, je contemplais le mouvement gracieux de ses fesses qui
s'étiraient, chacune à son tour alternativement, pour reprendre
ensuite leur forme de goutte, belles comme des poires mûres dont la
pluie avait attendri la dureté habituelle.  Il me semblait aussi, mais
prenais-je mes désirs pour la réalité, que la bosse à l'avant
de son slip était plus grosse que d'habitude.  Que pouvais-je faire pour
le rejoindre sans paraître tout à fait idiot à ses yeux et sans
perdre ma réputation?  Quel pourrait être mon alibi s'il me
surprenait à le suivre?  Comment lui indiquer mon désir de lui sans
perdre ma dignité?  Toutes ces questions restaient sans réponse
aucune. Et le temps pressait...Et je mourais d'envie de...


À ces questions premières le concernant s'en ajoutaient
d'autres. Comment pouvais-je aller à la plage, au petit matin et sous
une pluie battante, sans éveiller les soupçons de ma mère?  Mais,
toujours sans réponse à mes questions, mon esprit et mon sexe se
mirent en mode «opération» défiant ce que j'appellerais le
simple bon sens.

Dans le tourbillon de mes inquiétudes, et je devrais dire malgré lui,
j'ai enfilé mon propre slip de bain Adidas qui était
particulièrement sexé et ajusté. J'ai écrit cette fois
(contrairement à la nuit où j'étais parti avec Michel) un mot à
ma mère qui lui disait que, n'arrivant pas à dormir à cause
précisément du bruit de la pluie, l'idée m'était venue,
laquelle je trouvais très romantique et amusante, d'aller justement me
balader sous l'averse.  Elle me croirait complètement cinglé, mais
j'espérais être de retour avant qu'elle ne se lève et ne
découvre mon mot.  J'ai déposé le billet sur mon lit, bien à la
vue, et je suis sorti sans bruit, également pieds nus, en direction de
la plage.

Au bout du petit bois, presque parvenu à la plage, j'ai ralenti le pas
et j'ai parcouru du regard l'ensemble du décor pour tenter de le
repérer.  Il n'y avait pas de chaloupe au large et je ne voyais personne
sur la plage.  J'étais étonné mais j'étais surtout déçu
et triste. Avais-je fait tout cela pour rien?  Je restais là, pensif et
penaud.  Une voix, derrière moi, me fit sursauter.  C'était lui!
Beau comme un dieu!  Apollon sortant des eaux du grand bassin à
Versailles!  Il était trempé comme un canard.  Mais, en me retournant
vite sous l'effet de la surprise, mes narines déjà expertes pour mon
âge, avaient cru attraper, portées par les ailes du vent, des
fragrances prometteuses de bonheur.  Je vis aussi presque tout de suite
qu'il était bandé comme un cheval.  Mais je ne fixai pas son slip
avec trop d'attention de peur de l'effaroucher.

 « Salut! me dit-il en avalant sa salive et après une seconde de
pause, qu'est ce que tu fais ici, à cette heure-ci et par un temps
pareil? » _ « Et toi? » lui répondis-je comme si j'eusse ignoré
l'avoir déjà vu aller pêcher.

« Je viens pêcher.  Le poisson mord plus facilement les matins de
pluie.  Il s'approche davantage du bord de l'eau.  Je n'ai pas besoin de
prendre la chaloupe » _ « Tu viens souvent pêcher comme ça à
l'aube? » lui demandai-je, satisfait de mon apparente innocente
question.

« À toutes les fins de semaine, me répondit-il.  Ça m'excite
d'être tout seul comme ça sur la plage, dans le noir, à regarder
l'aube se lever, surtout les jours de pluie. Je me sens un peu comme les
premiers hommes apparus sur la terre.  Ce sont les mêmes
éléments. C'est la même nature, du moins très semblable, sauf à
quelques millions d'années de distance.  Ça me fait frémir de
penser que dans quelques millions d'années, d'autres hommes feront la
même chose à ma place.  Parfois, je reste assis longtemps sur la
plage, en écoutant l'infini et j'ai l'impression que des voix venues
d'ailleurs, d'un autre temps, me chuchotent comme des mots d'amour. » Il
avait pris le ton calme de la confidence.

« Wow! C'est beau ce que tu racontes là, ajoutais-je en guise de
«réconfort».  Moi aussi, je me sens un peu comme toi (peut-être
ce pieux mensonge ferait-il de lui mon tendre ami). Je suis sorti dans la
nuit pour venir à la plage parce que le bruit de la pluie semblait
m'indiquer une route à suivre, une sorte de chemin vers l'infini, une
rencontre d'un «autre type», d'un troisième type
peut-être. Mais, ajoutais-je sur un ton malin et coquin, les hommes
primitifs ne portaient pas de slip de bain comme nous en portons. »

Il devint un peu rouge et mal à l'aise.  Lentement, comme après une
difficile réflexion, pesant les pours et les contres, il ajouta
lentement comme sur le ton de l'ultime confidence : « C'est que, sa voie
traînait dans sa gorge, je n'en portais pas tout à l'heure.  Comme
j'ai entendu un bruit venant du sentier, je l'ai vite remis et je me suis
caché pour voir qui c'était. »

J'ai failli dire que c'était la raison pour laquelle je ne l'avais pas
vu tout de suite, mais cela eut été l'aveu que j'étais venu pour
le rejoindre.  À la place, j'ai dit brillamment, et j'étais fier de
ma trouvaille : « Moi aussi, j'étais sur le point d'enlever le mien
quand tu m'as dit `Salut'!  Maintenant que tous les deux on sait ce que
l'on vient faire ici, qu'on cherche à retrouver la sensation que
vivaient les hommes primitifs, on peut peut-être l'enlever? Qu'en
penses-tu?  Ce serait encore plus excitant et plus réel parce que les
vrais hommes primitifs n'en portaient pas et ne se retrouvaient pas
toujours seuls sur les plages. »

_ « Tu as raison, mais je suis gêné, me dit-il, parce que le vent,
la pluie, la nuit, ma nudité avant que tu arrives, ça m'a fait
bander. _ « Moi aussi, je suis bandé, lui dis-je en lui montrant mon
slip de bain Adidas de la bordure duquel dépassait assez fièrement ma
queue.  La sienne était couchée dans son slip et suivait sa taille
presque parallèlement au sol.  Elle semblait farouchement grosse et
dure.  « Ok! ajoutai-je, je vais enlever le mien en premier mais il faut
que tu me suives. » Et sans attendre sa réponse, j'ai baissé mon
slip de bain devant ses yeux surpris dans lesquels je voulais voir du
ravissement, révélant ma queue de 15 ans dans toute sa gloire.
Timidement, avec une certaine hésitation, il enfonça les pouces dans
la bordure élastique de son slip et le retira complètement.  Sa queue
a bondi.  Une pure merveille!  Elle était coiffée d'un beau gland qui
sortait presque complètement de son prépuce.  « T'es content là
maintenant! » me dit-il sur le ton de quelqu'un qui finalement se
résigne à obtempérer à une incessante demande.


« Oh! Oui » ajoutai-je, et puis, comme dans une exclamation
étouffée par la gêne : « T'es vraiment beau!  Et puis tout
suite, comme pour me reprendre un peu et me donner une contenance après
cette exclamation qui révélait mon vrai désir lequel n'avait plus
rien à voir avec mon idéal de retour aux sources de l'humanité
primitive, «t'as vraiment l'air d'un homme primitif, comme ça tout
nu, sous la pluie battante, grand, mouillé, les pieds pleins de boue,
comme dans les images»...j'allais dire celles que j'avais imaginées
dans mon lit en me masturbant après t'avoir regardé passer dans la
rue...mais j'ai dit plutôt : « les images que je me faisais des
hommes primitifs quand je t'entendais en parler tout à l'heure. »

En rougissant un peu, il me demanda de le suivre à sa cachette
habituelle, une sorte de petite baie qu'on atteignait seulement en marchant
un peu dans l'eau du lac.  Mais cette petite baie était à l'abri des
regards indiscrets et donnait le temps de se rajuster si un visiteur
impromptu apparaissait à l'horizon.  Toutefois, elle ne nous
protégeait pas de la pluie évidemment, seulement un peu du
vent. C'était frisquet et je tremblais beaucoup. « Que fais-tu
d'habitude pour te réchauffer? » lui demandai-je, bien naïvement
cette fois-ci.

Après un long silence durant lequel je le voyais livrer un combat
intérieur entre l'envie de dire une vérité compromettante et la
nécessité de mentir pour se protéger, il décida finalement
d'être vrai jusqu'au bout, comme cela était bien commencé, et il
murmura doucement en se retournant tout en se penchant vers mon oreille : «
Je me masturbe».  Il se redressa pour ajouter : «C'est super de jouir
comme ça, tout nu à l'aube, sur une plage ou dans une chaloupe, un
peu sale et en tremblant de froid. Ça fait vraiment primitif.  Ta
conscience semble rejoindre l'univers quand tu éjacules.  Il y a des
millions de vies possibles qui coulent sur ta queue pendant que ton sperme
glisse lentement vers tes couilles et entre tes jambes. »

Saisi par l'image hyper excitante qu'il faisait surgir dans ma tête,
j'ai lancé : « Je veux qu'on le fasse ensemble, qu'on se regarde
jouir, les pieds dans l'eau du lac avec la pluie qui nous tombe dessus! Ok?
» Et sans attendre sa réponse, je me suis approché du lac, j'y ai
trempé légèrement les pieds et, en écartant les jambes pour lui
donner une meilleure vue, j'ai empoigné ma queue et j'ai commencé à
me masturber.  Une bonne minute plus tard, car il avait encore quelques
résistances, il se glissa à côté de moi. Il écarta aussi ses
jambes, sans doute pour me donner également une plus belle vue et, avec
sa main gauche (j'étais droitier), ce qui me donna encore un meilleur
point de vue, il serrait sa queue et commençait des mouvements lents de
haut en bas en dégageant son gland complètement à chaque descente.
Il se tournait vers moi et moi vers lui et on se montrait nos queues toutes
gonflées. La pluie coulait sur nos corps et nos cheveux collaient sur
nos visages et sur nos nuques.

Je vivais une folie et, au risque d'attraper la crève, je voulais la
vivre jusqu'au bout.  Pour se protéger de l'arrivée possible d'un
éventuel visiteur, on avait placé près de nous nos slips de
bain. Son fameux slip couleur marine qui avait nourri mes fantasmes depuis
quelques semaines, gisait là, à côté de moi. Soudainement, sans
lui demander la permission, je l'ai pris, je l'ai retourné à l'envers
et je me suis mis à en sniffer le fond avec de grandes respirations.  «
WOW! dit-il, c'est super cochon de te voir faire ça.  Ça m'arrive de
le faire à la maison parfois surtout quand ça fait longtemps que je
le porte et qu'il sent bien mon sexe et mon cul. » « Comme maintenant
», lui dis-je, ce qui le fit rougir de honte. Mais j'ai ajouté
aussitôt : « Tu ne peux pas savoir comme ça sent bon!  C'est super
excitant! Ça aussi c'est primitif. » C'était l'odeur naturelle
d'un beau mâle qui ne prend pas de douche à tous les jours et qui
enfile toujours le même maillot en y laissant des traces involontaires
de son intimité.  Mais j'y percevais aussi l'odeur du lac. « Tu dois
te laver au lac? » Il fit signe affirmativement.  « Mêlée à
celle de ton cul et de tes couilles, même l'odeur du lac est
excitante. » Timidement, il a souri en guise de remerciement et sans
doute aussi de reconnaissance.

Puis, j'ai déposé son maillot Marine sur le sable pour ne pas perdre
une minute du spectacle qu'il m'offrait en se branlant. Alternativement, on
se regardait droit dans les yeux puis on fixait ensuite les beaux morceaux
que chacun branlait devant l'autre.  Comme je tremblais toujours, il me dit
en se retournant comme pour me montrer quelque chose: « J'ai un autre
petit secret que je gardais pour plus tard.  Tu vois le petit sentier au
fond de la petite baie creusée par la plage derrière toi, près de
l'orée du bois?  À deux minutes de marche, j'ai installé une tente
que je laisse là-bas en permanence, justement pour les jours de pluie ou
de trop grande fraîcheur.  On y serait mieux et tu tremblerais moins. »
C'était miraculeux!  On ramassa nos maillots de bain et la queue
claquant contre les cuisses, on marcha jusqu'à la tente.

 À l'intérieur, il y avait de grandes couvertures, vieilles et
trouées, mais chaudes et sèches, et de gros coussins.  Il étendit
les couvertures et installa lui-même les coussins pour qu'on soit assis
directement l'un en face de l'autre.  Il allongea les jambes et, tout en
les écartant, vint les placer sur les miennes qu'il me demanda
d'écarter aussi.  On avait donc une vue fantastique de nos sexes et de
notre entrejambe.

On a repris tout naturellement notre branlette.  À son tour, il ramassa
mon slip de bain et se mit à en sniffer l'intérieur.  Je n'arrivais
pas à croire que cela m'arrivait.  Le gars de mes fantasmes, un homme,
qui sniffait mes « bobettes », celles d'un jeune homme de 15 ans.  Il
murmura avec une voix très sourde et sexée : « Si mon maillot sent
le cul d'homme, le tien sent le cul de jeune garçon. Ça me rappelle
quand je sniffais les slips de mes frères.  Ils étaient plus vieux
que moi, mais à 13 ans, j'avais déjà commencé à piquer leurs
sous-vêtements dans le panier à lessive. J'y trouvais souvent du
sperme, toujours un peu de pisse et parfois un petit plus de négligence.
Alors, ça me rappelle des tas de souvenirs! »

Comme je le trouvais chanceux d'avoir eu des frères!  Ça me
manquerait toujours, bien que j'aimasse beaucoup ma sœur.  Plus tard, il
devait me raconter ce qu'il avait vécu avec l'un de ses frères.  Cela
pouvait expliquer qu'il avait des fantasmes semblables aux miens mais pour
des raisons différentes, bien sûr.  Toutefois, ce matin là sur la
plage, il se contenta de me dire qu'il avait piqué les sous-vêtements
de ses frères pour les sniffer.


Il déposa lentement mon slip de bain, puis une question vint sur ses
lèvres, tout en s'articulant difficilement.  Je sentais qu'elle était
en rapport avec ce qu'il venait de faire avec mon slip.  Je lisais dans son
regard une sorte de logique.  Il me dit finalement: « J'aimerais mieux
sentir les vraies choses.  Tu veux bien faire ce que je vais te demander? »
Je fis un signe affirmatif car j'avais tout compris Il releva ses jambes
pour faciliter le déplacement des miennes et il me dit : « Caresse ta
poche avec tes doigts et imprègne-la bien de ton odeur. » J'ai
obéi.

Après deux ou trois minutes, il chuchota : « Approche et fais-moi
sentir tes doigts.  En sniffant mes doigts, il a commencé à se
branler plus vite et plus fort tout en émettant des sons de
plaisir. Puis, il me demanda encore de faire les mêmes gestes, mais
cette fois-ci après avoir caressé mon cul.  Wow! J'étais au
paradis!  Il aimait les mêmes choses que moi. On aurait dit que ses yeux
tournaient dans leur orbite quand il sniffa mes doigts. Je l'ai laissé
prendre son plaisir et j'ai dit : « À mon tour maintenant.  Je veux
le même service ».  Tout en continuant de fixer ma masturbation, il
ramassa sa poche dans la paume de sa main et la massa quelques minutes et,
tout naturellement, il me tendit sa main. Quand il vit à quel point je
prenais du plaisir à la sentir, il se mit à respirer de plus en plus
fort et il se laissa tomber sur les coussins.  Il releva les jambes en les
écartant bien et posa deux doigts sur son cul.  Il le caressa
amoureusement tout en enfonçant l'un d'eux un peu à l'intérieur.
Puis, il reprit sa position assise face à moi et il sentit ses propres
doigts avant de les tendre vers mes narines.  En sniffant ses doigts, il
avait laissé échapper une série de « AHHHHHHH! » et, la voix
presque coupée par l'émotion et l'excitation, il m'a dit : « Je
pense que tu vas aimer ça.  Mon cul m'a toujours fait flipper.  Je vais
enfin savoir si je suis tout seul à qui il fait cet effet là»

Quand ses doigts touchèrent mes narines, je me suis senti envahi par une
force sensuelle extrême qui éclaboussait tout mon monde intérieur
comme un univers en expansion.  Le fond de son slip Marine n'était qu'un
pâle reflet de cette authentique merveille.  Elle contenait une telle
puissance de musc, de terre noire et de testostérone qu'un vieillard y
aurait retrouvé la vigueur de sa jeunesse.  Ma queue donna quelques bons
coups d'appréciation comme si elle se préparait à gicler.  Je l'ai
attrapée avec la main et je l'ai serrée très fort pour
m'empêcher de jouir sur le coup.  Il remarqua mon excitation et il me
dit : « Comme c'est beau de te voir comme ça!  Je savais bien que tu
l'aimerais mon cul... puis après deux ou trois secondes, il ajouta... Je
n'en peux plus!  Faut qu'on se crosse et que j'éjacule bientôt parce
que mes couilles vont éclater!» Tout en continuant de sentir ses
propres doigts et moi les miens, on a repris notre branlette.  Mais, si nos
nez étaient occupés à sniffer, nos yeux ne lâchaient pas le
spectacle que chacun donnait à l'autre.  Il me prit soudain l'envie
incontrôlable de glisser mes propres doigts entre ses jambes pour aller
caresser son cul directement afin de pouvoir le sentir sur mes propres
doigts, sans l'intermédiaire des siens.  En les présentant à mes
narines, j'ai cru que tout chavirait.


La tente sentait le «chat» mouillé.  Nos corps humides, la sueur
de notre excitation, l'odeur de nos sexes, de nos culs et de nos chevelures
détrempées, toutes ces fragrances emplissaient la tente.  Mus par un
même désir de se rendre au bout de cette première rencontre si
exaltante, on se branlait à toute allure, la bouche ouverte, nos
chevelures qui battaient sous les contrecoups du mouvement de nos mains
lançaient des gouttes d'eau partout.  Les yeux fixés sur le sexe de
l'autre, dans une longue plainte qu'on étouffait pour qu'elle ne se
répercute pas dans l'horizon silencieux du jour maintenant levé, on
souleva nos reins et on laissa gicler nos queues désormais prêtes à
exploser.  Le sperme vola sur le partenaire d'en face.  J'ai reçu
presque tout son jus dans la figure parce qu'il était plus grand que
moi.  Malgré mes efforts pour jouir sur sa face, une bonne part de mon
sperme atterrit seulement sur sa poitrine.  Mais, instinctivement et
communément, sans consultation préalable, chacun lécha tout ce qui
était sorti de la queue de l'autre et les résidus de notre propre
semence qui dégoulinaient le long de nos sexes.

Satisfaits, mais fatigués, essoufflés aussi après cet effort, on
tremblotait tous les deux.  Me regardant cette fois avec attendrissement et
d'une voix pleine de bienveillance comme celle d'un grand frère,
Jean-Marie me dit qu'il vaudrait mieux rentrer pour ne pas prendre
froid...peut-être avions-nous déjà abusé de nos forces et de
notre possible résistance au froid et à l'humidité.  On
s'assécha avec les couvertures avant d'enfiler nos maillots encore tout
trempés. Puis, ensemble, on reprit le chemin de notre rue en prenant
bien soin de se séparer en arrivant à la bordure du petit bois qui
servait de frontière avec la «civilisation».  J'ai pris les
devants après que l'on ait fixé un autre rendez-vous pour le jeudi
suivant, en soirée cette fois-ci, vers 21h, dans la tente qu'il me
serait maintenant facile de retrouver.

De retour à la maison, la famille dormait encore.  Les dimanches matins,
et surtout s'il pleuvait, on se levait plus tard.  Ma grand-mère seule
était déjà debout.  Mais, sourde, elle ne m'entendit pas rentrer.
Je me suis presque glissé dans ma chambre en empoignant une grande
serviette au passage. J'ai regardé juste à temps par la fenêtre
pour le voir repasser dans la rue avec son équipement de pêche. Cette
fois-ci, les odeurs externes et internes de son maillot couleur marine
n'avaient plus de secrets mais elles conserveraient pour toujours dans ma
mémoire le souvenir de l'indicible mystère du désir.

En me couchant, j'eus un doute.  Avais-je vraiment vécu ce qui venait de
m'arriver ou avais-je rêvé tout cela?  En passant mes doigts sur mon
nez pour retenir une envie d'éternuer, je n'eus plus aucun doute.

Prochain épisode...Un serment sous la tente Alexandre