Date: Thu, 6 Mar 2014 15:36:31 +0000 (GMT)
From: Adelard Dore <adelardore@yahoo.fr>
Subject: Souvenirs de Baie des Pins 5

Souvenirs de Baie des Pins 5

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La gloire du timide

À l'été qui a suivi notre installation à Baie des Pins, celui
de mes 13 ans, une certaine Madame Mélisson, une voisine de notre
résidence montréalaise qui venait de faire un petit héritage,
avait acheté, en tenant compte de la suggestion de ma mère, un petit
chalet de campagne à Baie des Pins.  Cette veuve qui avait eu 7 enfants,
quatre garçons et trois filles, se retrouvait seule avec le « petit
dernier » qui avait trois ans de plus que moi, soit 16 ans cet été
là.  Son frère, le sixième dans le rang familial, avait 25 ans.
C'est dire que celui-là, le septième, n'avait pas été prévu
et que sa mère, devenue veuve peu de temps après sa naissance, avait
été contrainte de l'élever toute seule.  Le garçon s'appelait
André.  Il n'était pas exceptionnellement beau, mais il n'était
pas laid non plus.  Il était brun roux, plutôt roux que brun.  Il
avait de jolis yeux gris-bleus et sa figure était parcheminée de
petites taches de rousseur qui lui donnaient un air coquin mais timide.  Il
était mince et assez grand pour son âge.  Il avait des lèvres
charnues et sensuelles de sorte que, même s'il ne faisait se retourner
personne sur son passage, quand on prenait le temps de le regarder
attentivement, on le trouvait assez beau, sexé et tout à fait
désirable.

Pour ma part, je ne lui avais jamais porté beaucoup d'attention.  Faut
dire qu'il avait le caractère ombrageux, qu'il ne parlait presque
jamais, qu'il était plutôt craintif et se sauvait dès que la
conversation semblait vouloir tenir compte de sa présence.

Le deuxième été qui suivit ma rupture avec Jean-Marie, le premier
s'étant passé complètement à la ville tellement je me sentais
incapable de risquer de le croiser dans la rue, et surtout pas avec sa
Diane, je me suis senti plus à l'aise de retourner au chalet de Baie des
Pins.  Lentement, durement, douloureusement, mais sûrement, l'oubli ou
l'habitude, avait fini par venir à bout de ma détresse.  J'avais
atteint mes 17 ans et j'avais de plus en plus confiance en moi, me trouvant
assez joli pour plaire, du moins le croyais-je.

Cet été là, le cher André Mélisson, qui avait maintenant 20
ans, avait décroché un emploi de garçon de table au fameux
hôtel Montlieu dont j'ai mentionné le nom au début de l'épisode
Jean-Marie.  C'était le lieu naturel de regroupement pour la jeunesse
dorée de Baie des Pins et des environs.  J'avais su, par ma sœur, que
c'était là que Jean-Marie avait rencontré sa Diane.

Cet hôtel avait ceci de particulier, comme je l'ai déjà aussi
indiqué, qu'il s'y produisait, durant les week-ends, des artistes
reconnus comme des célèbrités dans la Métropole qu'il était
donc étonnant, par conséquent, de retrouver sur cette petite scène
de campagne.  L'un de ces artistes, Mike L. très beau, ultra sexé et
coqueluche de toutes les femmes, et sans doute aussi de plusieurs
messieurs, fut annoncé pour les deux derniers week-ends de juillet.
Tout Baie des Pins en parlait et les billets se vendirent en une heure ou
deux. Habituellement, il n'y avait pas de billets pour les spectacles de
cet hôtel car c'était un simple lounge.  Mais, exceptionnellement,
compte tenu de la popularité du chanteur, il fallait réserver sa
place.

Bien sûr, à 17 ans, je n'étais pas admissible.  J'enrageais!  Cet
artiste nourrissait mes fantasmes. Il était beau, grand, avait les
cheveux noirs, semblait avoir une peau de satin, des lèvres charnues,
des yeux immenses et noirs avec de longs cils, une voix chaude, profonde et
mâle à faire tomber une grand-mère, et un cul que les cameramen de
la télé se plaisaient à mettre en valeur, même si personne ne
semblait officiellement remarqué leur choix de perspective.

André allait donc pouvoir assister à tous les spectacles de cet
artiste puisqu'il faisait le service aux tables du cabaret-lounge.  Malgré
son silence légendaire, je pensais que peut-être je réussirais à
obtenir de lui quelques renseignements particuliers sur Mike L., à la
condition bien sûr que sa gêne ne l'empêchât pas d'adresser la
parole à l'artiste.  Le bruit courrait aussi que Mike était homo. Des
milliers de jeunes filles étaient prêtes à nier cette affirmation
jusqu'aux flammes du bûcher et des milliers de garçons étaient
prêts à en clamer l'évidence avec une égale propension au
martyr.

Toutefois, je n'aurais jamais imaginé que l'artiste possédait un
flair si exceptionnel et un sens si aigu du détail qu'il allait vite
remarquer, non seulement la beauté sauvage et secrète d'André, ses
traits délicats derrière le masque de rousseur qui lui donnait tant
de charme, mais encore, qu'il allait percevoir rapidement, derrière son
air sombre, son besoin caché d'amour, de rêve et d'aventures rares
apparemment fréquent chez les garçons pauvres et solitaires.

Quelle ne fut pas alors ma surprise d'appendre, lors d'une visite de sa
mère à la mienne, une fin d'après-midi de juillet, que, le
week-end précédent, le très célèbre artiste Mike L.  avait
ramené à Montréal, après son dernier spectacle, vers trois
heures du matin, dans sa superbe Cadillac décapotable, le fils
dernier-né des Mélisson, le petit être roux et brun que je
côtoyais depuis ma tendre enfance.  J'étais mort d'envie!  Tout de
suite, malgré les explications de sa mère pour rendre plausible et
normal le retour en ville de son cher petit dernier cette nuit là dans
la décapotable de la Grande Vedette, je comprenais, au-delà des mots
rassurants de la mère, que la dite Vedette avait sûrement tenté,
sinon réussi, à se le taper.

Mon doute devint presque une certitude quand elle ajouta que l'artiste
l'avait même invité chez lui, à son appartement de la rue Mc
Gregor, pour lui faire voir la vue magnifique qu'on y avait sur la ville et
sur le fleuve!!!!!!  Cette invitation singulière d'un chanteur vedette
adressée à un serveur n'avait pour simple explication, selon les
«arguments» de Madame-Mère, le seul fait qu'André, ayant refusé
l'offre de l'artiste d'une ballade en voiture après les deux spectacles
de la soirée, avait plutôt manifester le désir qu'il souhaitait
plutôt rentrer à Montréal cette nuit-là afin de ne pas rater
une partie de baseball prévue pour le lendemain avec des copains au Parc
Molson.

La mère d'André, et peut-être aussi la mienne, avaient l'air bien
rassurées et déterminées à gober cette histoire comme on avale
une petite pilule.  Moi, sans doute plus averti, et déjà tout à
fait inverti, je voyais les choses autrement.  Il fallait que je sache!  À
tout prix! Mais comment faire?  André était un mur de silence et je
ne le voyais presque jamais. Nous n'étions certes pas des étrangers
l'un pour l'autre mais, mises à part quelques salutations rapides et
quelques mots polis échangés à l'occasion au coin d'une rue, nous
ne nous parlions vraiment jamais. Comment allais-je faire pour lui
«tirer les vers du nez»? En face de lui, je me sentais comme devant
une tombe égyptienne.  C'était Anubis gardant l'accès de la
Vallée des Rois.

Toutefois, un petit renseignement ordinaire, presque insignifiant, ajouté
par sa mère au moment de se séparer de la mienne, allait me fournir
une entrée. « Je vais en ville chez ma fille pour une bonne semaine,
dit-elle à ma mère.  Peut-être pourriez-vous demander à Alex
d'aller voir de temps en temps si André ne manque de rien.  Lui, il ne
me téléphonera pas même s'il va mal.  Je le connais bien! (en
effet, elle le connaissait très bien). Je vous donne le numéro de
téléphone de ma fille, en cas de besoin ».  Ce n'est pas le
numéro de sa sœur que j'ai noté mais la bienheureuse course que je
devrais faire pour m'assurer du confort de son petit-dernier.  « Oui
madame!  Ai-je dit en moi-même, soyez sans crainte, je veillerai sur lui
avec la plus vive attention».

Deux jours après le départ de sa mère (j'ai tout de même
réussi à attendre tout ce temps), j'ai prévenu ma mère que
j'allais voir si André n'avait besoin de rien.  Il était 11 heures du
matin.  Tout semblait calme dans la maison et autour d'elle.  On eut dit
qu'il dormait; ce qui s'avéra être la vérité.

J'ai frappé, à plusieurs reprises, plusieurs petits coups sur le
cadre de la porte-moustiquaire.  Finalement, je l'ai vu s'approcher, les
yeux tout pleins de sommeil, avec un short sous-vêtement, la poitrine
nue, nus pieds, mais exhibant une jolie tente sur le devant de son short.
Il ne devait pas s'en être rendu compte tant il était encore dans les
bras de Morphée.  Il parut très étonné de me voir. Quand je lui
eus confié le motif de ma mission, il a souri, moment rare et
mémorable.  Il devait penser que j'étais complètement idiot
d'avoir donné suite aux inquiétudes insensées de sa
mère. Sincèrement, je pensais aussi comme lui. Il a donc voulu mettre
un terme rapidement à notre rencontre en me disant que je voyais bien
que tout était parfait.  Ce fut à mon tour alors de sourire. Comme je
souriais en regardant fixement la braguette de son short qui s'ouvrait
délicieusement pour laisser sortir un bout de sa queue à demi
bandée, il a compris tout à coup, sortant brusquement des restes de
son sommeil, le double sens de ses propres mots lorsque je les lui ai
répétés intentionnellement pour attirer son attention sur sa
braguette : « Je vois en effet clairement, dis-je que TOUT EST PARFAIT!
»

Il baissa la tête en direction de sa braguette et lorsqu'il la releva,
les taches de rousseur de sa figure avaient doublé en volume et en
intensité tandis que des courants de sang affluaient dans son cou et sur
ses épaules.  J'ai pensé qu'il allait faire une syncope.  Je n'ai pas
attendu une autre réaction et j'ai dit avec conviction : « Allez!
Ouvre-moi!  Tu dois bien avoir cinq minutes pour moi.  Tu t'occuperas de
ça plus tard. » Cette dernière phrase fut pire que la première.
Il figea.

Il trouva cependant assez de force pour ouvrir la porte. Peut-être aussi
se sentait-il trop déstabilisé pour me refuser
l'entrée. Néanmoins, presque à regret, il m'invita à venir
m'asseoir sur le canapé et s'excusa de sa tenue.  Il affirma alors, avec
une conviction appuyée qui n'était pas nécessaire parce que je le
croyais tout à fait, que je ne l'avais pas surpris à rien faire de
particulier, qu'il dormait simplement et que, quand on rêve,...eh
bien...! «On bande» dis-je en terminant sa phrase.

Comme on avait déplacé un peu d'air en marchant vers le canapé,
des odeurs très particulières me parvinrent et accompagnèrent la
courte distance de la porte au canapé.  C'était cette odeur très
spéciale des roux, à la fois jeune et ancienne, c'est-à-dire acide
et lourde, parfois même étouffante, mais jamais pointue, toujours
ronde et charnelle.  Cela m'excitait beaucoup et je me demandais tout à
coup comment il se faisait que je n'avais jamais éprouvé de désir
pour André.  Il m'apparaissait tout à coup très sexé et très
désirable.

Alors, brusquement, battant le fer quand il est chaud, j'ai dit : «
Quand tu as dormi chez Mike L, la fin de semaine dernière, étais-tu
dans cet état aussi? Et sans lui laisser le temps de répondre, j'ai
ajouté : Il a dû aimer ça! » La rougeur se transforma en coup
de sang.  Ne voulant pas lui faire de mal, j'ai tout de suite enchaîné
doucement : « Écoute!  Si c'est arrivé, ce n'est pas grave tu
sais.  Ça m'est déjà arrivé aussi... avec un gars!  Et puis, je
te trouve tellement chanceux qu'il t'ait invité chez lui!  Ce n'est pas
à moi que ça arriverait!  En tout cas, à ta place, je crois que
j'aurais tout accepté.  Tu te rends compte, André?  Il y a des
millions de gens peut-être qui auraient voulu être à ta place;
c'est le rêve d'une vie pour certaines personnes.  Et toi, ça
t'arrive, comme ça, sans que tu n'aies fait aucune démarche
particulière.  Il a dû te trouver très beau et très excitant
pour t'offrir de venir chez lui?  Faut dire que, moi aussi, je te trouve
pas mal sexé comme ça dans ton short, à ton réveil, à la fin
de l'avant-midi! » Pendant mon discours, il avait presque cessé de
respirer. Ses beaux yeux scrutaient les miens à la recherche d'indices
capables de distinguer entre un piège ou une main tendue amicalement.

Mon discours avait toutefois calmé ses rougeurs et ramené des teintes
moins explosives. Mais la braguette de son short semblait toutefois adorer
mes propos.  Elle s'ouvrait toujours davantage en dévoilant une partie
de plus en plus importante de sa queue.  Elle semblait toute blanche
coiffée d'un beau gland rose mi-clair mi-foncé.  Je percevais aussi,
au fond de la braguette, une belle touffe de poils roux qui s'y lovait et
entourait sa belle tour blanche comme l'auraient fait les nuages autour
d'une fusée. Lui, on aurait cru qu'il était rendu dans un autre monde
et l'ouverture insistante de sa braguette se situait à des lustres du
choc que mes paroles provoquaient.

Je lui ai dis que je mourais d'envie de l'entendre me parler de Mike, de me
décrire son appartement, leur remontée sur la ville en Cadillac, le
centre-ville la nuit vu des hauteurs de son appartement, la vue du fleuve,
sa chambre, son salon, ce que vous avez fait... « Dis-toi que je n'ai
pas eu ta chance. Je n'en parlerai jamais à personne. Ce sera un secret
entre nous.  De toute façon, sauf à moi, tu ne pourras peut-être
jamais trouver personne à qui parler de ce que tu as vécu avec
lui».

Ces dernières phrases touchèrent une corde sensible.  Solitaire,
voire esseulé, André n'en devait pas moins avoir vécu cette
rencontre et ces moments passés avec la star comme une expérience
unique et extraordinairement rare.  Toutes ses émotions devaient être
cachées, enterrées au fond de lui comme inénarrables.  Sa timidité
ne devait même pas lui laisser croire qu'un jour il pourrait en parler.
Au lieu de ce tout naturel plaisir qui consiste justement à raconter les
choses merveilleuses qu'on a vécues, il avait déjà commencé à
purger la peine que la vie impose souvent aux timides et aux cœurs
simples : la condamnation au silence.

Malgré la honte et le grand malaise que lui causaient ma visite, et
surtout mes paroles, il me voyait peu à peu comme une issue à sa
prison intérieure.  Quel besoin essentiel mon ouverture d'esprit ne
venait-elle pas combler?  Il a compris rapidement, car le malaise
accélère souvent le jugement, que s'il mettait de côté sa
gêne et aussi la honte de parler de ces moments magiques avec la star,
il en éprouverait un immense soulagement, un vrai plaisir et une
fantastique gratification par la suite.  Je lui présentais l'occasion de
briller, d'être le centre de l'univers pour une fois, lui qui souvent
était renvoyé sur les côtés.  Il y avait même été sans
doute renvoyé avec des mots qui font mal comme : « Allez, tais-toi,
la carotte! ».  Je venais chez lui, au contraire, pour donner justement
à la « Carotte » le statut de plat principal.

Après un assez court moment de réflexion et tout en gardant sur moi
un regard inquisiteur qui cherchait toujours à percevoir si je ne lui
tendais pas un piège, un large sourire s'est épanoui sur sa figure et
j'ai vu se lever dans ses yeux un éclat de bonheur comme je ne l'avais
jamais vu auparavant.  Il passerait donc aux aveux.

Lentement, il se mit à parler. Il me raconta d'abord que l'artiste
était venu lui parler entre deux spectacles. Il me parla encore de sa
gêne devant la grande vedette (mais je m'en doutais bien). Il me raconta
ensuite que Mike l'avait invité pour une ballade en Cadillac après le
dernier spectacle de la soirée. Cela ne lui plaisait guère; mais il
ajouta qu'il avait eu l'idée et le courage de lui faire une
contre-proposition car il souhaitait vraiment rentrer à Montréal
plutôt que de faire simplement une ballade, à cause de sa joute de
baseball du dimanche midi.  Mike modifia instantanément son
invitation. On rentrerait donc plutôt à Montréal en Cadillac et on
irait d'abord à l'appartement de l'artiste pour voir le point de vue sur
la ville. André me décrivait donc la décoration des pièces, la
magnifique terrasse, la salle de bain immense...Mais, rien de sexuel
n'était mentionné, bien que l'atmosphère me semblait avoir été
des plus « chaudes ».  Finalement, il me confia que l'heure tardive
(4h30) et l'alcool suggérèrent naturellement à Mike L. de
l'inviter à dormir tout en lui promettant de le reconduire chez lui le
lendemain midi pour sa joute de baseball; ce qu'il fit effectivement.

« Écoute André, lui dis-je, il ne t'a pas invité chez lui pour
te parler de sa mère.  Il t'a sûrement fait des propositions.  Je
suis sûr que tu les as acceptées et je te trouverais bizarre et un
peu idiot de les avoir refusées.  Parce que moi, vois-tu, les avances de
l'idole sexuelle de la télé, je les aurais toutes acceptées ».
Il a rougi encore intensément.  Mais, finalement, compte tenu que je
m'impliquais beaucoup en lui avouant que je n'aurais pas hésité une
seconde à faire le grand saut avec Mike L., il a fini par me dire : «
Bon! Ok! Ça va! Puisque tu veux tout savoir! Oui, on a fait des choses
ensemble, là t'es content? »_ « Oh! Oui, lui dis-je, je suis
content et très fier de toi, quoique je sois pas mal envieux.» Puis,
j'ai éclaté de rire et lui aussi.  Alors commencèrent mes
questions plus personnelles sur ce qui s'était passé et comment cela
s'était passé...

Au fur et à mesure qu'il parlait, il revivait agréablement sa nuit
chez Mike.  Sa queue, qui avait sorti peu à peu de sa braguette sans
qu'il s'en aperçoive tant il était pris par son récit, était
maintenant complètement bandée. Captivé par son histoire, pistonné
par mes questions, encore un pied dans le sommeil, il ne remarquait pas que
son propre récit lui faisait de l'effet. Moi si!

Alors, après qu'il m'eut raconté quelques unes de leurs activités
sexuelles, pendant qu'il ajoutait qu'avant de s'endormir Mike l'avait
encore sucé pendant un bon dix minutes, doucement et lentement, je me
suis penché sur son pénis et je l'ai enfoui jusqu'au fond de ma
gorge.  Il arrêta net son histoire et se laissa aller aux sensations
qu'il avait dû commencer à apprécier et dont sa mémoire
récente lui rappelait les admirables agréments.  Après un bon cinq
minutes de fellation, il m'a dit qu'on serait mieux de passer dans sa
chambre parce qu'on pourrait être surpris là où nous étions, si
quelqu'un arrivait à l'improviste.

Je l'ai suivi dans sa chambre.  Il a enlevé complètement son short
pendant que je retirais short, t-shirt et sandales.  Quand il repoussa les
couvertures vers le pied du lit pour qu'on s'y installe, une odeur forte et
piquante, l'odeur des roux, a jailli subitement de ses draps.  Comme
c'était bon et sexé!  Dire que je le connaissais depuis des
années, que je ne lui avais jamais porté attention, et que je
découvrais aujourd'hui, au hasard de sa rencontre avec une vedette, un
garçon merveilleux, sexé, délicat, tendre, à la fois timide et
racé, à la peau sentant le cocon de vers à soie, avec un cul
splendide, bombé, arqué, ovale et serré dans lequel je ne pensais
plus qu'à y mettre mon nez et ma langue.  Il avait donc un bon œil
«l'artiste » qui l'avait tout de suite remarqué et choisi. Moi, il
m'avait fallu des années. C'était un vrai connaisseur ce Mike L.  En
effet, il y a des beautés que nous ne remarquons pas parce qu'elles ne
correspondent pas spontanément à l'idée qu'on se fait de la
beauté. Ce sont les autres qui nous amènent à y porter attention
et, dès lors, elles nous sautent aux yeux comme un éclair d'orage
nous révèle soudainement tout un paysage que la nuit maintenait tout
naturellement dans l'ombre.

On s'installa pour un bon 69.  Je regardais sa belle queue longue, droite
et blanche tirant un peu sur le rose et qui devenait brillante et glissante
quand je la recouvrais de ma salive. Je la léchais, en mordillais le
frein avec affection. Je la sentais tout autour du gland qui gardait,
mêlée à l'odeur caractéristique des roux, celle plus commune du
poisson.  Je prenais ses belles couilles dans ma bouche et j'aspirais sa
poche toute rose et tendue par le jus fabriqué durant son sommeil.  De
son côté, il ne travaillait pas comme un apprenti.  Il semblait
s'amuser fort bien avec mes joyaux.  Il les palpait, les léchait, les
sentait, les couvrait de salive et de petits baisers, les enfonçait dans
sa bouche, les suçait et les caressait de nouveau avec sa main.

Ma langue gagna du terrain et remonta le petit talus derrière son
scrotum, tout rose aussi, mais traversé par une petite veinule mauve et
rougeâtre.  Mon nez buta bientôt aux frontières de son cul.
C'était la première fois que je respirais le cul glabre et rose d'un
roux.  Quelle merveille!  C'était comme un plat de cuisine asiatique; on
aurait dit qu'il avait trempé dans une sauce aux épices composée
de cumin, de cari ou de curcuma.  Mes coups de langues augmentaient
l'intensité du parfum de ce merveilleux mélange.  J'aurais passé
là le reste de mes jours et ma mort y aurait été heureuse. Il
s'aperçut de ma grande excitation et me demanda ce qui se passait. Je
crois qu'il craignait un reproche sur sa propreté.  Mais, si cela eut
été le cas, c'est à moi-même que j'aurais dû faire des
reproches. Ne l'avais pas réveillé au milieu de sa nuit? Et puis, qui
avait initié ces ébats? Je ne pouvais pas m'attendre qu'il ait pris
une douche avant mon arrivée.  Que dis-je avant mon «arrivée»?
J'avais complètement envahi son territoire telle une armée
d'occupation. Il a eu l'air contrarié quelques instants.  Mais je suis
vite venu à son secours pour le rassurer.

J'ai remarqué cependant combien il s'est senti, non seulement
soulagé, mais aussi ravi et heureux, quand je lui ai dit que son cul
sentait si bon que j'y passerais le reste de mes jours.  Son sourire
exprimait une grande joie. Depuis deux semaines, lui qui était toujours
si isolé, souvent même rejeté, semblait tout à coup avoir gagné
au loto.  D'abord une grande vedette l'avait remarqué et invité à
partager son lit et le reste.  Et voilà qu'un compagnon d'enfance qui ne
s'occupait jamais de lui, était tombé subitement amoureux de son
corps et de l'odeur de son cul laquelle lui avait pourtant toujours paru un
peu suspecte.  Wow!  Quelle métamorphose en si peu de temps!

Devant le plaisir que je lui donnais en le léchant et en introduisant ma
langue le plus loin possible dans son trou, il imita mes gestes et ses
gémissements me permirent de croire qu'il éprouvait autant de
satisfaction à distribuer les caresses qu'à les recevoir.

On se retourna face à face au bout d'un bon moment et nos bouches et nos
langues échangèrent les découvertes faites sur nos sexes et nos
culs.  Il me glissa à l'oreille timidement : « J'aimerais ça
jouir... dans ta face. » Le mot parut difficile à dire.  Je l'ai
rassuré en lui répondant : « Quand tu veux et comme tu veux ».

Il se releva et se mit à genoux de chaque côté de mes hanches. Il
empoigna son pénis solidement et se masturba plus vite et plus fort tout
en pointant sa queue pour diriger le jet imminent vers ma bouche et mes
joues.  Il était si beau à voir et j'étais également sur le
bord de jouir. Enfin, après quelques grands soupirs, et tout en
murmurant ces mots que je n'oublierai jamais « T'es bon pour moi »,
il se raidit et lança plusieurs volées de sperme dans ma figure.
J'ai ouvert la bouche à temps pour en accueillir le plus possible.  Il
semblait envahi par un flot de reconnaissance inouïe.

Savourant son sperme, délicieux et curieusement un peu sucré, et
devant un spectacle d'une beauté et d'une bonté si pleine d'humilité
et de tendresse, je me suis reculé un peu pour qu'il ait droit lui aussi
à un spectacle et j'ai éjaculé mon lot de liqueur blanchâtre,
fabriquée la nuit précédente, en songeant, sans penser toutefois
que cela irait jusque là, à la rencontre que je devais avoir avec lui
ce matin-là...simplement pour prendre de ses nouvelles.

À suivre...Et si l'on partageait le champion!

Alexandre

S.V.P. : Un commentaire serait apprécié!  C'est le seul support pour
continuer de publier.